UNE NUIT : Au fil de la face sombre de la Ville Lumière

unenuitafficheAprès une série de petites déceptions du côté du cinéma français (La Délicatesse, Des Vents Contraires et Une Vie Meilleure), retour aux fondamentaux avec un genre qui a toujours bien réussi au 7ème art tricolore : le film noir. En effet, Une Nuit constitue le premier bon film hexagonal de 2012 qui marque le retour à l’écran de Philippe Lefebvre…27 ans après son dernier film.

Simon Weiss est flic à la brigade mondaine. Chaque nuit, il fait le tour des night-clubs de Paris. Mais cette nuit, il vient de comprendre qu’il est surveillé par l’Inspection Générale des Services, mais aussi qu’il se passe des choses pas très claires dans le milieu de la nuit parisien. Ces deux faits sont-ils liés ?

Une Nuit est un jeu de piste, sur la forme sur le fond. En effet, le scénario se déroule d’établissement en établissement, de quartier en quartier. Simon rencontre les différents protagonistes, les uns après les autres et jamais au même endroit. Entre deux scènes, le film nous offre des vues des rues de Paris by night. On n’est pas très loin de l’exercice de style, mais la cohérence entre l’intrigue et la mise en scène et le talent artistique de Philippe Lefebvre font qu’il est très réussi.

Les amoureux de Paris la nuit ne devront donc rater ce film sous aucun prétexte. Après quelques esprits chagrins pourront faire remarquer qu’Une Nuit nous présente un Paris où il n’y a strictement aucune circulation… mais c’est pour mieux profiter du spectacle, alors le plaisir des yeux vaut bien un léger manque de réalisme. En tout cas, voilà un très beau film qui nous fait ressentir l’âme d’un lieu, d’une ville, d’un monde qui a toujours fasciné…

Après, là encore, ce film nous montre très certainement une vision très romanesque de la brigade mondaine et du monde de la nuit parisien. Mais d’un autre côté, c’est une œuvre de fiction, pas un documentaire. On se laisse prendre par cette intrigue assez classique sur le fond (qui a trahi qui et pourquoi ?), mais originale sur la forme. C’est bien mené, elle avance à un rythme qui nous préserve de l’ennui et les rebondissements sont réels, même s’ils ne sont pas toujours hyper inattendus.

unenuitUne Nuit nous offre également une belle galerie de personnages. Là encore, c’est très romanesque, avec l’affrontement entre les différentes générations, un certain sens de l’honneur et de la loyauté et la frontière flou entre bons, méchants, flics, truands. Le film dresse un portrait des acteurs du monde de la nuit sûrement trop pittoresque pour être vrai, mais encore une fois, le tout fonctionne très bien et il n’y aucune raison de bouder son plaisir.

Une Nuit nous permet une nouvelle fois d’apprécier le charisme de Roschdy Zem. On l’a déjà vu plusieurs fois dans ce genre de rôle, mais ça lui va si bien qu’on ne s’en lasse pas. La vraie bonne surprise réside dans la performance de Sarah Forestier, dont ne doutait pas une seule seconde de l’immense talent, mais que l’on n’avait pas encore vu dans ce type de rôle. Elle s’en sort réellement à merveille. Enfin, Samuel Le Bihan est égal à lui-même. Pas le plus grand acteur du 7ème art français, mais une performance solide néanmoins.

Une Nuit est donc un film noir classique dans son intrigue et réussi dans sa forme originale, qui ravira tous les amoureux de la face sombre de la Ville Lumière.

Fiche technique :
Réalisateur : Philippe Lefebvre
Scénario : Simon Michael, Philippe Isard et Philippe Lefebvre
Musique : Olivier Florio
Photographie : Jérôme Almeras
Son : Pierre Gamet, Hervé Guyader et Hervé Buirette
Costumes : Anne David
Durée : 100 min

Casting :
Roschdy Zem : Simon Weiss, commandant dans la Brigade mondaine
Sara Forestier : Laurence Deray, chauffeur de Simon pour la nuit
Samuel Le Bihan : Tony Garcia, « roi de la nuit » à Paris
Grégory Fitoussi : Paul Gorsky, avocat de Garcia
Jean-Pierre Martins : Jo Linder
Jean-Paul Muel : « la baronne »
Sophie Broustal : Josy
Gérald Laroche : Alex, patron de boîte à partouze
Hélène Seuzaret : Danièle Weiss, la femme de Simon
Kamel Labroudi : Abdel, dealer et petit ami de « la baronne »
Richard Bohringer : le père de Jo Linder

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