LES ACACIAS : Une histoire simple

lesacaciasafficheLe cinéma argentin fut longtemps totalement invisible sur nos écrans. Mais depuis le succès mondial de Dans ses Yeux, Oscar du meilleur film étranger, il apparaît de temps en temps chez nous. Après Carancho, l’année dernière, voici Les Acacias, Caméra d’Or au dernier festival de Cannes (meilleur 1er film), mais avant tout une histoire d’une simplicité déconcertante… mais qui va droit au cœur.

Ruben est un camionneur taciturne. Un jour, son patron lui demande de conduire une jeune femme et son bébé depuis le Paraguay jusqu’à Bueno Aires. Le voyage va durer plusieurs jours, sur des centaines de kilomètres. Il commence dans le silence et l’indifférence…

Lire la suite...Lire la suite...Lire la suite...

L’histoire du mec et peu rustre et bourru qui finit par se faire attendrir est aussi vieille que la narration elle-même. On est donc dans un pitch aussi classique qu’éternel. Mais ce qu’il y a de vraiment magique avec l’amour, c’est que ça continue de marcher, alors que voilà des siècles que s’accumulent les preuves de son inexistence. Remarquez, il n’y a pas que dans la romance que les humains continuent à croire à des choses que n’importe quel esprit objectif tiendrait pour fausse… 

Bon, ce n’est pas le sujet ici, nous ne sommes pas le jour du bac philo. Enfin, vu le froid qu’il fait dehors, on aimerait bien être au mois de juin. Oula, je m’égare à nouveau. Alors, revenons à les Acacias qui représente quand même la raison qui vous pousse à lire ces lignes. Voilà un film d’une simplicité biblique et pourtant qui fonctionne beaucoup mieux que toutes les comédies romantiques les plus sophistiquées. Voilà un très bon exemple du je ne sais quoi qui fait que l’on entre ou non dans une histoire et que l’on s’attache plus ou moins aux personnages.

Il est vrai que les Acacias commence quand même doucement. D’ailleurs, on arrive à la moitié du film en se disant qu’il faudrait peut-être qu’ils commencent à se regarder et à parler si on veut qu’il finisse par se passer quelque chose. Mais bon, comme le film dure moins d’une heure et demi, tout cela ne dure pas assez longtemps pour nous décourager. Et puis, la magie opère tout doucement, notamment grâce à la bouille absolument irrésistible de la petite fille. Je ne suis pourtant pas du tout du genre à m’extasier devant le premier nourrisson venu, que je considère souvent principalement comme un vecteur potentiel de maladies, de bruits et de mauvaises odeurs. D’ailleurs, le Ruben, au début, il pense exactement comme moi.

Bon, n’allez pas croire non plus que tout se termine dans un happy end, où ils se marient et finissent par produire d’autres rejetons à la bouille irrésistible. Le dénouement est heureusement plus subtil que ça. Mais là aussi, c’est tellement simple, qu’on n’en reste presque émerveillé, à l’heure où la plupart des productions doivent nous livrer 34 rebondissemlesacaciasents dans les 8 dernières minutes pour être jugées dignes d’intérêt. On aimerait bien poursuivre un peu la route avec eux, tant ce beau voyage nous aura mis en joie.

Les Acacias bénéficie également d’une très belle mise en images. Qui dit roadtrip, dit défilé des paysages. Là encore, rien d’hyper spectaculaire, mais on apprécie nous aussi de découvrir ce qu’il y’a au-delà du bitume. Le film ne nous propose pas de longs plans purement contemplatif, mais comme une grande partie de l’intrigue se déroule dans la cabine du camion, on a largement le temps de regarder à travers le pare-brise.

Les Acacias constitue également l’occasion de contempler deux beaux acteurs. Là encore, tout est dans la sobriété et la simplicité, mais German da Silva et Hebe Duarte incarnent avec infiniment de grâce leurs personnages et y sont forcément pour beaucoup si on finit nous aussi par tomber amoureux.

Les Acacias est un film simple, mais surtout apaisant, joyeux et beau. Un film tourné sur la route, mais qui sort des sentiers battus.
  
Fiche technique :

Production : AireCine, Utopica Cine, Armonika Entertainment
Réalisation : Pablo Giorgelli
Scénario : Pablo Giorgelli, Salvador Roselli
Montage : Maria Astrauskas
Photo : Diego Poleri
Distribution : Bodega Films
Directeur artistique : Yamila Fontan
Durée : 82 mn

 
Casting :
German de Silva : Ruben
Hebe Duarte : Jacinta
Nayra Calle Mamani : Anahi

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.