THE DESCENDANTS : Ceux qui restent sont aussi des gens formidables

thedescendantsafficheBon, j’en ai marre. Il y en a toujours pour les mêmes, toujours les mêmes qui reçoivent fleurs et compliments. Cela suffit ! Un peu de partage, d’égalité, de redistribution. Mais que voulez-vous, quand c’est mérité, c’est mérité… On n’y peut rien et c’est plus fort que nous. Certaines personnes méritent tout le bien que l’on pense d’eux et le confirment à chacune de leur sortie. C’est notamment le cas de George Clooney, au sommet de son art dans The Descendants.

Matt King est un père et un mari distant, pris par son travail d’avocat et la gestion d’un patrimoine familial possédé en commun avec une dizaine de cousins. Mais un jour sa vie bascule quand sa femme sombre dans le coma suite à un accident de bateau. Il va donc devoir s’occuper seul de ses deux filles, âgées de 10 et 17 ans. Et gérer la découverte du fait que sa femme avait un amant.

Si on regarde The Descendants de très loin, on peut se dire que c’est un film sur la mort et le deuil. Il est vrai que ces deux éléments jouent un rôle central dans ce film. Mais c’est avant tout un film sur les vivants, sur ceux qui restent, sur l’existence qui continue et qui n’a aucune raison d’arrêter d’être heureuse. Voici un film qui traite un sujet plutôt grave et sombre, mais avec un recul et détachement qui remettent les choses à leur place. Les morts n’ont pas que des qualités et savoir leur dire au revoir constitue une forme de libération.

The Descendants est un film très émouvant, très bien senti, mais aussi très drôle. On passe un peu constamment du rire aux larmes, mais c’est le premier qui domine largement. Le final est notamment remarquable de sobriété et d’intelligence, avec un magnifique dernier plan, tout simple, mais qui en dit presque aussi long que tout le reste du film. Bref, un film humaniste au propos parfaitement maîtrisé, qui reste très accessible, tout en évitant totalement le piège des lieux communs.

thedescendantsSi le fond ne souffre guère de défauts, la forme est un tout petit peu moins parfaite. En effet, The Descendants souffre de quelques longueurs. Rien de bien méchant, mais avec vingt minutes de moins, le film aurait été encore meilleur. Il y a notamment sur la fin une scène au final inutile, même si elle semble apporter une conclusion à un large pan de l’intrigue. Du coup, le film à du coffre, à défaut d’avoir pleinement du souffle.

Concernant l’interprétation, on retiendra avant tout un nouveau très grand rôle pour George Clooney. Il s’annonce d’ailleurs comme un très sérieux rival pour notre Jean Dujardin national. Les derniers Golden Globes n’ont d’ailleurs pas pu les départager car chacun d’eux est reparti avec un prix, l’un comme meilleur acteur dans une comédie, l’autre comme meilleur acteur dans une tragédie. A moins que Di Caprio ne les mette d’accord. Dans tous les cas, le vainqueur aura bien mérité sa statuette. Mais n’oublions pas à ces côtés, la jeune Shailen Woodley dont les débuts sur grand écran sont particulièrement réussis.

Nominés également pour le meilleur film, réalisateur et scénario, je doute que The Descendants rafle toutes les statuettes. Mais il constitue incontestablement un de premiers très bons films de l’année 2012.
 
Fiche technique :
Production : Ad HominemEnterprises
Distribution : 20th Century Fox
Réalisation : Alexander Payne
Scénario : Nat Faxon, Alexander Payne, Jim Rash, d’après le livre de Kaui Hart Hemmings
Montage : Kevin Tent
Photo : Phedon Papamichael
Décors : Jane Ann Stewart
Son : Jose Antonio Garcia
Musique : Dondi Bastone
Effets spéciaux : Mark Dornfeld
Maquillage : Julie Hewett
Directeur artistique : T.K. Kirkpatrick
Durée : 110 mn

Casting :
George Clooney : Matt King
Shailene Woodley : Alexandra King
Amara Miller : Scottie King
Nick Krause : Sid
Patricia Hastie : Elizabeth King
Kaui Hart Hemmings : Noé, la secrétaire de Matt
Beau Bridges : cousin Hugh
Robert Forster : Scott
Barbara Lee Southern : Alice «Tutu» Thorson

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