LA MEDIOCRITE INTELLECTUELLE AU POUVOIR

sarkoallegreNicolas Sarkozy est certainement très content de lui. Je suis persuadé qu’il y a en lui une jubilation quelque peu enfantine, que l’on pourrait aisément qualifiée de mesquine. L’arrivée de Claude Allègre dans son équipe de campagne est sûrement pour lui la preuve de sa supériorité sur son adversaire, qui ne compte pas auprès de lui d’anciens ministres du camp d’en face. Mais s’il est content de lui, pas sûr qu’il tire le moindre bénéfice électoral.

Ce ralliement, très certainement recherché par le chef de l’Etat, montre bien à quel point il pousse loin la médiocrité intellectuelle. On avait raillé le soir de son élection les « artistes » qui l’entouraient : Faudel, Mireille Matthieu… On n’a pu se moquer des ministres qui ne devaient leur nomination à des postes à si hautes responsabilités qu’à leurs qualités de courtisans : Luc Chatel, Laurent Wauquiez et l’inénarrable Nadine Morano. Ce manque de discernement et de prise de hauteur est tout à fait symbolique du quinquennat qui vient de s’achever.

Nicolas Sarkozy est donc soutenu par deux anciens ministres de gauche : Claude Allègre et Bernard Tapie. Bon, déjà ce n’est guère une surprise puisque ces deux là avaient déjà retourné leur veste en 2007. La prise de responsabilités de l’ancien ministre de l’éducation montre bien que ce cirage de bottes peut finir par payer et ne doutons pas qu’il y a derrière tout ça un rêve (une promesse ?) de retour au gouvernement, en cas de victoire du Président sortant. Mais bon soyons sérieux. Ni l’un, ni l’autre ne sont des modèles de probité et de pertinence intellectuelle.

La présence de Claude Allègre, négationniste de l’origine humaine du réchauffement climatique, aux côtés de Sarkozy sonne même comme une provocation. On peut en rire, tellement tout cela semble ridicule. On pourrait y voir là un mépris de la droite sur les questions environnementales. Mais il ne faut même pas pousser le raisonnement aussi loin. Le calcul est avant tout politique et seul son statut d’ancien ministre de Lionel Jospin vaut au géophysicien son entrée dans l’équipe de campagne. Les idées, la pertinence face aux graves problèmes que notre pays, et pour le coup l’humanité entière, affrontent, la compétence, rien de tout cela ne rentre en ligne de compte. Et c’est particulièrement désolant, pour ne pas dire inquiétant.

Cela en dit long surtout sur le degré de convictions de tout ce joli petit monde. Faire de Nathalie Kosciusko-Morizet, censée incarner la sensibilité écologiste de l’UMP, le parte parole de la campagne, tout en faisant entrer Claude Allègre dans l’équipe qui doit la mener, montre bien que seuls importe l’assurance d’avoir un poste dans le futur gouvernement, qu’importe ce qu’on y fera. Mais le plus incroyable est de penser que Sarkozy et son équipe pensent « l’arrivée de Claude Allègue dans notre équipe va nous faire gagner des voix ». Ont-il perdu à ce point le sens de réalité ou bien est-ce encore une fois une manœuvre de désespoir devant une défaite de plus en plus inexorable ?

Place au ridicule politique, les problèmes de la planète attendront.

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