SECURITE RAPPROCHEE : Efficace et ryhtmé

securiterapprocheeafficheParadoxalement, une bande-annonce qui ne donne pas envie peut se révéler finalement être une bonne bande-annonce. J’ai vu celle de Sécurité Rapprochée un très grand nombre de fois et jamais cela n’a fait naître chez moi la moindre envie, sans vraiment savoir pourquoi. Cependant, après avoir lu des critiques plutôt positives, je me suis quand même décidé à aller le voir. Et j’ai pu alors constater que la bande-annonce, contrairement à ce qu’on pouvait craindre, ne racontait qu’une toute petite partie d’un film qui se laisse finalement voir avec plaisir.

Matt Weston travaille pour la CIA mais n’a pas vraiment la carrière qu’il espérait. Il est basé au Cap, en Afrique du Sud, et chargé de garder une planque qui ne sert quasiment jamais. Ce n’est pas vraiment le poste qui lui permettra de se faire remarquer et d’obtenir sa mutation à Paris. Un jour, Tobin Frost, un ancien espion, considéré comme un traître, que l’agence recherchait depuis des années, est emmené dans la planque, sous bonne garde, après qu’il se soit rendu et avant son rapatriement pour les Etats-Unis. Mais très rapidement, la cachette est prise d’assaut et Matt Weston doit fuir avec le prisonnier dont il a désormais la charge.

Le scénario de Sécurité Rapprochée constitue à la fois la plus grande force et le plus grande faiblesse de ce film. En effet, ce dernier possède tout d’abord la qualité indéniable d’être particulièrement rythmé. C’est solide, percutant, bref on ne s’ennuie pas une seconde et on se laisse facilement prendre par l’intrigue. Le tout est vraiment tourné vers l’action et les à-côtés, comme les interrogations philosophiques sur la condition d’espion, restent assez limités pour ne pas alourdir le tout. Nous sommes donc là devant une œuvre terriblement efficace, qui atteint parfaitement son but, du moment que l’on n’attend pas trop de lui.

D’un autre côté, Sécurité Rapprochée est aussi un scénario extrêmement classique. L’histoire a comme des airs de déjà-vu. Le principe du face à face entre un agent inexpérimenté et un vieux baroudeur et celui de l’agent qui ne peut plus faire confiance, ni recevoir l’appui de ses collègues et de ses supérieurs, n’a rien de révolutionnaire, bien au contraire. De plus, ce qui sert de rebondissement final est quand même extrêmement prévisible. Cependant, comme déjà dit, on se laisse vraiment prendre par le rythme de l’action et on ne prend guère le temps de se focaliser sur ces légers défauts.

securiterapprocheeLa réalisation de Sécurité Rapprochée est plutôt soignée. Comme le scénario, elle est plutôt nerveuse et nous place au cœur de l’action. Cependant, jamais elle ne se transforme en bouilli type clip vidéo provoquant le décès de tous les épileptiques photosensibles de la salle. On avait remarqué le réalisateur, Daniel Espinosa, suédois, contrairement à ce que peut laisser penser son nom, avec Easy Money, film venu du Nord de l’Europe, contrairement à ce que peut laisser penser son titre. Le passage de l’autre côté de l’Atlantique est plutôt réussi et il s’est visiblement bien adapté à l’efficacité hollywoodienne. On peut peut-être simplement lui reprocher une photographie tirant un peu sur le sépia, qui faisait hyper novateur y a dix ans, mais qui tient désormais plus du tic que de la prouesse artistique.

Le casting est à l’image du film, c’est à dire avant tout efficace, mais de manière quelque peu idéal. En effet, Denzel Washington ne tient pas là le rôle de sa vie, mais s’en acquitte avec un grand professionnalisme, suffisant pour donner à son personnage un minimum de crédibilité. Par contre, Ryan Reynolds est définitivement un acteur relativement inexpressif et la plus-value qu’il apporte à Sécurité Rapprochée est somme toute limitée.

Sécurité Rapprochée est donc un film efficace à défaut d’être génial et vraiment innovant. Mais son rythme lui permet de faire oublier ses faiblesses et de faire totalement entrer le spectateur dans l’histoire.

Fiche technique :
Production : Intrepid pictures, Moonlighting films, Relativity Media, Stuber productions
Distribution : Universal Pictures International France
Réalisation : Daniel Espinosa
Scénario : David Guggenheim
Montage : Richard Pearson
Photo : Oliver Wood
Décors : Brigitte Broch
Musique : Ramin Djawadi
Costumes : Susan Matheson
Durée : 116 mn

Casting :
Denzel Washington : Tobin Frost
Ryan Reynolds : Matt Weston
Vera Farmiga : Catherine Linklater
Brendan Gleeson : David Barlow
Sam Shepard : Harlan Whitford
Ruben Blades : Carlos Villar
Nora Arnezeder : Ana Moreau

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