MARTHA MARCY MAY MARLENE : Pas tout à fait concluant

marthamarcymaymarleneafficheCe n’est pas la première fois que je le dis, mais il y a des films dont on sait pas très bien quoi penser. On ne sait pas bien si on a aimé ou non. On peut en dire le plus grand bien, mais aussi le critiquer très sévèrement. Martha Marcy May Marlene a fait cet effet sur moi. Peut-être que, comme j’enchaîne les films, je ne me suis pas laissé le temps de bien digérer et de me faire une opinion définitive. Enfin, je vais tout de même faire de mon mieux pour vous décrire mon ressenti.

Après deux ans de silence, Martha affolée, perdue, appelle sa sœur, Lucy pour qu’elle vienne la chercher dans un coin isolé. Elle a fuit une secte et son leader, manipulateur et séducteur, mais s’enferme dans le silence et cache la vérité. Il va être dur de se reconstruire et impossible d’oublier. Surtout quand monte la peur d’être pourchassée par ses anciens compagnons.

Martha Marcy May Marlene est un film relativement inclassable. Bien sûr, il possède tout de même un thème central bien identifié : celui du processus d’embrigadement qui peut faire glisser un individu vers un comportement totalement aberrant et destructeur et évidemment, son pendant, la difficulté presque insurmontable de pouvoir totalement en sortir. Pourtant, on ne sent pas chez Sean Durkin la volonté de vraiment faire un film sur ça. Il n’y a pas de volonté de généraliser le propos, mais simplement de nous montrer un parcours individuel. Bien sûr, le spectateur peut toujours extrapoler et en tirer des conclusions, mais le film ne le fait pas pour nous.

En fait, ce qu’il manque à Martha Marcy May Marlene, c’est une conclusion claire. Le dénouement est lui-même interprétable de manières diverses, mais plus généralement, c’est le propos qui n’aboutit pas vraiment. Le spectateur passe tout le film à se demander où l’histoire va le mener, quel va être le sens de tout ça, mais il est bien obligé de constater à la fin qu’il n’est arrivé nul part. Cela l’empêche de rentrer totalement dans le film et c’est dommage.

C’est d’autant plus dommage que Martha Marcy May Marlene est un film par contre totalement maîtrisé sur la forme. La photographie est très réussie, sobre comme l’est la réalisation. Les deux récits parallèles, le présent et le passé, se mélangent de manière claire et logique. Il y a une vraie progression dans la tension, qui est présente dès les premières secondes, mais qui se renforce au fur et à mesure que le tableau devient plus clair. On apprécie donc ce que l’on voit, mais comme je viens de l’expliquer, on reste trop à l’extérieur pour être totalement enthousiaste.

marthamarcymaymarleneReste tout de même de Martha Marcy May Marlene de très beaux personnages. Evidemment, celui de Martha est central et son parcours reste tout de même magnifiquement décrit. Celui du « gourou » est aussi très convaincant. Il aurait été facile de tomber dans la caricature entre la pauvre victime innocente et le manipulateur diabolique et vicieux. Il n’en est rien et, même si cela contribue sans doute au caractère quelque peu flou du propos, cela constitue tout de même une incontestable qualité.

La direction d’acteurs et évidemment ces derniers font incontestablement partie des points fort de Martha Marcy May Marlene. Elizabeth Olsen est une jolie révélation, déjà parce qu’elle l’est, jolie, mais avant tout parce que c’est visiblement une comédienne talentueuse. A suivre donc. En face d’elle, John Hawkes, qu’on avait pu découvrir dans la série Deadwood et dans divers seconds rôles, tient là un rôle beaucoup plus consistant, qu’il interprète avec beaucoup de justesse, malgré l’ambivalence du personnage.

Martha Marcy May Marlene est objectivement un bon film. Mais on en reste sans doute trop purement spectateur pour l’apprécier à sa juste valeur.

Fiche technique :
Production : Fox Searchlight Pictures, Maybach Cunningham, FilmHaven Entertainment, BorderLine Films, This is That prod.
Réalisation : Sean Durkin
Scénario : Sean Durkin
Montage : Zachary Stuart-Pontier
Photo : Jody Lee Lipes
Décors : Chad Keith
Distribution : 20th Century Fox France
Musique : Daniel Bensi, Saunder Juriaans
Costumes: David Tabbert
Durée : 102 mn

Casting :
Elizabeth Olsen : Martha
John Hawkes : Patrick
Christopher Abbott : Max
Brady Corbet : Watts
Hugh Dancy : Ted
Maria Dizzia : Katie
Julia Garner : Sarah
Sarah Paulson : Lucy

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