UNE CHANCE AU GRATTAGE, UN PEU MOINS AU TIRAGE

sondageMon dieu, les courbes se croisent ! La droite reprend espoir, Nicolas Sarkozy reprend sa marche en avant que rien ne va arrêter et qui va le conduire tout droit à un nouveau mandat… ou pas. Comme la campagne intéresse de moins en moins les Français semble-t-il, il fallait bien essayer de lui redonner un peu de suspense. Pour ça les médias s’en donnent à cœur joie pour faire mousser un non-évènement.

Que le score de Nicolas Sarkozy au premier tour s’améliore, c’est relativement logique. Déjà parce que les « petits » candidats le plus à même de lui piquer des voix sont tous sortis de la course les uns après les autres. Une Boutin ou maintenant un De Villepin faisaient peut-être rire avec avec leur score compris entre 0 et 2%, mais c’est comme ça que l’on passe de 25 à 27% au premier tour. Et puis, le président sortant n’avait aucune chance de réellement progresser tant qu’il n’était pas pleinement candidat, ce qu’il est désormais.

Reste le problème du deuxième tour qui est, rappelons-le, a priori le seul susceptible de désigner le futur Président de la République. Et là, les choses restent très compliquées pour Nicolas Sarkozy. Le dernier sondage en date donne encore un score de 55-45 en faveur de Hollande. Bien sûr, il y a moins de deux mois, on était à 60-40. Le président sortant progresse, c’est incontestable. Cependant, personne n’a jamais imaginé sérieusement que l’élection se jouerait avec 20 points d’écart. Ce mouvement était inexorable et même si les Socialistes pouvaient espérer qu’il soit le plus tardif possible, ils savaient bien qu’il finirait par se produire.

Cependant, le temps presse pour Nicolas Sarkozy. Surtout que la campagne va désormais changer de visage avec l’instauration de l’égalité du temps de parole. Il ne pourra plus envahir la télévision et bénéficiera de la même exposition que Jacques Cheminade. Cependant, un mois avant le premier et un mois et demi avant le second laissent encore le temps pour que beaucoup de choses se passent… Au moins en théorie, car jamais dans l’histoire un tel écart a pu être ainsi remonté sur une si courte période. On cite souvent l’inversion de tendance entre Chirac et Balladur en 1995. Je peux en témoigner, car, à cette époque, j’étais au Kenya pour 15 jours et quand nous sommes rentrés, le paysage avait changé de manière brutale et inattendue. Mais il s’agissait là de deux champions du même camp. Il ne s’agissait pas de convaincre des électeurs de passer du blanc au noir.

François Hollande reste donc de très loin le mieux placé pour l’emporter. Il subit simplement aujourd’hui les désagréments d’être parti le premier, ce qui a longtemps constitué un avantage mais qui forcément implique une descente sur le long terme. Il part de si haut qu’on a du mal à l’imagine finir sa course sous les 50%.

Mais l’élection de Sarkozy en 2007 avait prouvé une chose. Si le pire n’est jamais sûr, il n’est jamais impossible…

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