JOHN CARTER : Pas mal pour un film des années 60…

johncarterafficheImaginez que vous viviez dans les années 60 et que vous soyez projeté à notre époque. Et là, après une période de désorientation, intrigué par l’extension qui semble avoir poussé au bout des bras des humains, à savoir le smartphone, vous vient l’idée d’aller au cinéma voir John Carter. En effet, le personnage vous est familier, puisqu’il a été crée en 1912. Vous vous dites que cela va vous permettre de retrouver un univers connu. Vous en ressortez particulièrement enthousiaste en vous écriant « Que c’est bien fait ! Que c’est beau ! Que c’est criant de vérité !». Et encore, je ne parle pas de l’effet de la 3D. Bon, le problème, c’est qu’aucun de nous n’est un voyageur temporel venu des années 60…

John Carter est mort. Il lègue à son neveu un récit de ses aventures. Des aventures qui l’ont mené… sur Mars, ou Barsoon comme on dit là-bas. Un monde en guerre dont le destin va se retrouver bouleverser par ce Terrien égaré.

 Autant le dire tout de suite, John Carter n’est pas kitch. Parce que kitch, ça inspire un petit peu de sympathie et de tendresse. Comme un retour à l’enfance, c’est presque rassurant. Non, ce film est juste totalement ringard. Pas moche, pas mal fait, ringard… Les moyens techniques sont là, le numérique permet de créer tout et n’importe quoi d’un clic de souris. Cependant, les équipes artistiques en charge de ce film ont réussi l’exploit de créer des décors et des costumes aussi convaincants que du temps du carton pâte. Voir le personnage faire des bons, habillé d’un pauvre pagne, rappelle au mieux le Tarzan version Johnny Weissmuller, au pire la série des Maciste, le héros en slip doré !

John Carter est parti pour être un des plus gros bides de l’histoire du cinéma, avec 200 millions de dollars de perte (au final, ça sera beaucoup moins grâce à l’exploitation à l’étranger et en DVD). C’est totalement mérité car ce film est un pur foutage de gueule. Quelle mouche a donc piqué Andrew Stanton, le réalisateur de Wall-E ? Même Roland Emmerich fait preuve de plus d’ambition artistique que lui dans ses film. Si au moins, il y avait l’excuse du manque de moyens… Au contraire, on sent bien que ce film a coûté un bras, puisque, encore une fois, c’est bien fait… C’est juste sans âme, ridicule à en devenir déprimant.

Après, si je fais preuve d’une totale honnêteté intellectuelle, je ne me suis pas ennuyé devant John Carter. La consternation est une forme d’intérêt, mais c’est surtout qu’il se passe des choses, y a de l’action ! Bon, le scénario n’est pas top-top, mais on a fait pire en la matière, puisqu’il y aurait presque un peu de complexité dans cette histoire. Il souffre par contre d’une trop grande naïveté. Certes, cela peut s’expliquer par le côté avant-gardiste de l’œuvre dont il est issu, la première à mélanger fantasy et science-fiction. Mais franchement, les scénaristes ne se sont pas foulés pour réinventer le mythe. Ca reste hyper basique et rien ne les obligeait à nous servir des dialogues tout droit sortis d’un nanar des années 60.

johncarterMais là où John Carter finit de sombrer, c’est au niveau du casting. Il faut dire qu’en choisissant un acteur principal portant le nom de Kitsch (ça ne s’invente pas), les producteurs de chez Disney ont donné le bâton pour se faire battre. Ce bellâtre a autant de talent que Liliane Bettancourt de lucidité. A ses côtés, Lynn Collins s’en sort beaucoup mieux, avec un minimum de personnalité. Sans parler de sa plastique… Par contre, ayons une pensée ému pour ce pauvre Mark Strong et son costume ridicule…

John Carter est un film où l’argent investi est inversement proportionnel au talent artistique mis en œuvre pour sa réalisation. Résultat, un vrai navet !

Fiche technique :
Production : Walt Disney Pictures
Distribution : Walt Disney Compagny
Réalisation : Andrew Stanton
Scénario : Andrew Stanton, Mark Andrews, Michael Chabon, d’après le Cycle de Mars d’Edgar Rice Burroughs
Montage : Eric Zumbrunnen
Photo : Dan Mindel
Format : 35mm
Décors : Nathan Crowley
Musique : Michael Giacchino
Effets spéciaux : Eamonn Butler
Durée : 140 mn

Casting :
Taylor Kitsch : John Carter
Lynn Collins : Dejah Thoris
Samantha Morton : Sola
Williem Dafoe : Tars Tarkas
Dominic West : Sab Than
Mark Strong : Matai shang
Thomas Haden Church : Tal Hajus

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.