TWIXT : Plaisir pas vraiment partagé

twixtafficheA 73 ans, Francis Ford Coppola a décidé de ne plus faire que des films plutôt intimistes avec lequel il se fait plaisir. C’est bien son droit après tout et surtout après une telle carrière. D’ailleurs, sa dernière très grosse production remonte à 1992 avec Dracula. Cependant, cela ne n’empêcherait pas de faire des films qui présentent un minimum d’intérêt. Car après un Homme Sans Age, absolument incompréhensible, et un Tetro qui laissait quelque peu perplexe, il revient à Twixt, un film vaguement de vampire, vaguement d’horreur, qui ne soulève une nouvelle fois guère l’enthousiasme.

Hall Baltimore est un romancier spécialisé dans les histoires de sorcellerie. Mais sa carrière est en déclin. Lors d’une séance de dédicaces dans un petite ville du fin fond des Etats-Unis, il tombe sur son seul fan du secteur, le shérif du coin. Ce dernier lui explique qu’il écrit lui-même et lui propose de rédiger tous les deux un roman sur ce qu’il croit être le serial-killer local. Il’ l’emmène d’ailleurs à la morgue de la ville, où le cadavre d’une jeune fille attend le passage du légiste. L’écrivain décline dans un premier temps la proposition, mais un rêve mystérieux va le faire changer d’avis.

On peut faire un bon film avec un scénario incompréhensible. Sinon David Lynch n’aurait pas connu une telle carrière. Cependant, l’exercice a ses limites et si on perd le spectateur, il va vite tomber dans un désintérêt total. Twixt nous laisse perplexe pendant toute sa durée. On attend éventuellement que le dénouement vienne donner un peu de sens à l’ensemble. C’est exactement le contraire qui se produit et du coup, on en ressort sur un vrai sentiment de déception.

En fait, j’ai beau remuer les choses dans tous les sens, le scénario de Twixt n’a tout simplement pas grand intérêt. Son côté ésotérique est malheureusement faussement poétique. Le suspense n’en est pas un, vu que l’on ne comprend même pas quel est l’enjeu. Il est structuré autour de plusieurs couches qui s’entrecroisent, mais aucune n’arrive vraiment à nous faire entrer dans cette histoire plus obscure que mystérieuse. Bref, on s’ennuie…

A côté de ça, Twixt reste quand même merveilleusement bien réalisé. Les deux ambiances visuelles entre rêves et réalités affichent toutes les deux une vraie personnalité, signe d’une maîtrise artistique hors du commun. Un grand est derrière la caméra et ça se sent. Cela aurait pu donner une formidable dimension à ce film si le scénario avait été vraiment percutant. Là, cela tourne à l’exercice de style un peu vain. De l’art pour l’art, mais puisqu’il n’a guère de sens, n’arrive absolument pas à soulever la moindre étincelle d’enthousiasme chez le spectateur.

twixtTwixt a divisé la critique. Il est vrai que si vous arrivez à entrer dans cette histoire, vous pourrez trouver ce film sublime. C’est l’effet tout ou rien. Bon, vous aurez bien compris où je me situais personnellement. Après à chacun de se faire son opinion. De toute façon, Francis Ford Coppola a toujours signé des œuvres qui ne laissent pas indifférents qui possèdent de nombreux adeptes, mais aussi des détracteurs vindicatifs.

Twixt permet de revoir à l’écran Val Kilmer. Il fait du Val Kilmer, c’est à dire qu’il interprète son rôle sans être particulièrement expressif. Lorsque George Clooney lui avait succède dans le costume de Batman, il avait déclaré « si Val Kilmer l’a fait, tout le monde peut le faire… ». A ses côtés, Bruce Dern et Ben Chaplin sont nettement plus intéressants. Mais la vraie star reste la jeune Elle Fanning, déjà vue dans Somewhere (de Sofia Coppola) et dans Super 8.

Avec Twixt, Francis Ford Coppola s’est certainement fait plaisir. Par contre, il ne me l’a pas fait spécialement.

Fiche technique :
Production : American Zoetrope
Distribution : Pathé distribution
Réalisation : Francis Ford Coppola
Scénario : Francis Ford Coppola
Montage : Kevin Bailey, Glen Scantlebury, Robert Schafer
Photo : Mihai Malaimare Jr.
Décors : Katherine Covell
Musique : Dan Deacon, Osvaldo Golijov
Costumes : Marjorie Bowers
Durée :
89 mn

Casting :
Val Kilmer : Hall Baltimore
Bruce Dern : Bobby LaGrange
Ben Chaplin : Edgar Allan Poe
Elle Fanning : V
Joanne Whalley : Denise
Davis Paymer : Sam Malkin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.