CASSIE (John Saul) : N’est pas Stephen King qui veut

cassieLe bookcrossing consiste à laisser un livre dans un lieu public pour qu’il soit ramassé puis évidemment lu par une autre personne, qui devra poursuivre la chaîne. J’ai récupéré Cassie de John Saul de cette manière. Bon, plus précisément, c’est mon ex-copine qui l’a sauvé du tri sélectif, mais il y avait un petit mot à l’intérieur « Lisez et passé à quelqu’un d’autre » (je retranscris aussi la faute d’orthographe). Après avoir écrit cette critique, c’est ce que je ferai. Peut-être dès demain dans le RER.

Cassie quitte Los Angeles pour une petite ville, après le décès de sa mère pour aller vivre avec son père et sa nouvelle femme. Elle a du mal à se faire accepter par les autres adolescents de son lycée. Cela ne s’arrange pas quand elle se lie d’amitié avec Miranda, une vieille ermite considérée au mieux comme folle, ou parfois même comme une sorcière. Encore moins quand une série d’évènements sanglants va se produire, visiblement liée à la jeune fille.

Je ne sais pas si le traducteur a voulu faire un lien avec le Carrie de Stephen King en traduisant « The Unwanted » de cette manière, mais c’est vrai qu’on se dit parfois qu’il y a quelques vagues similitudes entre les deux histoires. Mais si John Saul, si j’en crois Wikipedia, a toujours connu un certain succès outre-Atlantique, il a bien du mal à soutenir la comparaison avec le maître incontesté de l’horreur. Car disons le tout net, Cassie est un livre qui se laisse lire, mais sans surprise et sans grande imagination.

Cassie est avant tout sauvé par son style. En effet, la plume de John Saul est très agréable à suivre. Ce n’est pas de la grand littérature, mais elle est fluide et d’une très grande clarté. Elle ne cherche pas à impressionner inutilement et reste totalement au service de l’intrigue. Le roman n’est pas excessivement long et se parcourt donc avec rapidité et facilité. Certains, trouveront peut-être cette écriture un peu lisse, mais elle a au moins le mérite d’être d’une efficacité pragmatique.

On parcourt Cassie en ayant toujours l’impression de parcourir du déjà-lu. Les personnages, le contexte, le déroulé des évènements, tout cela n’a vraiment rien d’original. Il n’y a rien non plus de subversif, de dérangeant ou de réellement malsain. Du coup, on glisse vraiment sur le récit plutôt que l’on y pénètre réellement. Le dénouement est lui aussi également sans surprise, le rebondissement final étant visible de très loin. Bref, on a vraiment l’impression que John Saul ne s’est pas non plus foulé des masses !

L’adolescente mal dans sa peau et qui a du mal à se faire accepter, la famille recomposée pleine de bonne volonté, l’alcoolique qui bat femme et fils, autant de personnages que l’on retrouve souvent dans ce genre de littérature, Stephen King en tête. L’héroïne arrive bien à créer un minimum de sympathie à son égard. Mais jamais le lecteur n’arrive à ressentir une empathie totale, empêchant ainsi le récit de dégager une véritable tension. Même quand il est question de vie ou de mort, on n’a pas de pincement au cœur et on n’a pas vraiment la sensation qu’il y a un véritable enjeu.

Cassie est sorti en 1987. Il apparaît désormais relativement dépassé. Certes, les histoires de sorcellerie et de magie existent depuis toujours. Mais le roman de John Saul ne pourra séduire réellement qu’un public assez jeune, qui peut encore s’accommoder de son caractère assez soft. Mais à l’heure de Twillight, la littérature jeunesse offre une multitude d’œuvres de bien meilleure qualité. Je ne veux pas dire forcément que ce roman soit vraiment mauvais dans l’absolu, mais on est quand même tenté de le qualifier de médiocre au vu de la concurrence.

Je ne sais donc pas si je fais vraiment un cadeau à celui qui ramassera ce livre. Je n’ai pas passé un mauvais moment. Mais un moment que j’oublierai très vite.

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