MEN IN BLACK III : Entre noir clair et noir foncé

mib3afficheNée en 1997, la franchise Men In Black semblait enterrée, mais elle revient pour un troisième épisode, 10 ans après le second. L’avantage d’être un peu oublié, c’est que l’on attend plus grand chose de vous, voire même on n’imagine pas autre chose qu’une gentil navet. Cependant, prendre une décennie pour écrire un scénario peut faire espérer qu’elle revienne avec plein de nouvelles bonnes idées et nouveautés. La vérité se situe au final au milieu de tout ça.

Boris l’animal, un des pires criminels jamais arrêtés par l’Agent K, s’échappe de la prison située sur la lune. Il en ressort obsédé par deux choses : éliminer son vieil ennemi et provoquer l’invasion de la planète Terre pas son peuple belliqueux. Pour empêcher ce double drame, l’Agent J. n’a d’autre choix que de remonter dans le temps et croiser le chemin de son équipier du temps où ce dernier était encore jeune.

Men in Black III propose une bonne idée qui permet un certain renouvellement : le voyage dans le temps. Pas simplement pour le plaisir des anachronismes, mais surtout pour connaître un peu mieux l’Agent K, qui se caractérisait avant tout jusqu’à présent par un mutisme et un certain désenchantement. On découvrira donc les origines de cette personnalité, le tout se terminant sur une jolie surprise scénaristique. Bon, honnêtement, on aurait pu s’attendre à un effort supplémentaire pour trouver des idées novatrices. Certes, ça reste dans l’esprit, mais attendre dix ans pour ans pour ça, c’est un tantinet décevant

Les amoureux des deux premiers épisodes seront donc tout de même ravis. Les autres pourront prendre Men in Black III pour ce qu’il est au fond, un aimable divertissement familial, drôle et bien foutu. Le scénario reste un peu léger, on vient de le voir, mais on passe tout de même un bon moment. Comme l’histoire ne nous fait donc découvrir que peu de choses vraiment nouvelles, elle se concentre donc essentiellement sur les rebondissements et les péripéties, proposées à un rythme soutenu. A défaut de nous surprendre, au moins, cela nous met à l’abri de l’ennui.

Visuellement, le film n’a rien de très surprenant non plus. En effet, le film se concentre avant tout sur les personnages humains. Bien sûr, on retrouve les éternels extra-terrestres se faisant passer pour des humains par d’habiles déguisements, mais de manière beaucoup moins fréquente que dans les épisodes précédents. On peut y voir une qualité, car on peut considérer que les premiers films avaient quelque peu fait le tour de la question. L’humour est donc au final plus classique, mais toujours aussi efficace. On ne rit pas forcément aux éclats toutes les cinq minutes, mais le film ne se prend définitivement pas au sérieux.

mib3Men in Black III n’est donc ni moins bon, ni vraiment meilleur à ce que l’on attendait. C’est propre, distrayant, professionnel, bref très hollywoodien. On peut toujours discuter de l’intérêt d’un tel film, mais je serai de mauvaise foi, si je disais que je n’ai pas passé un bon moment. Cet épisode n’est pas l’épisode de trop, mais on se dit que le nombre limité de nouvelles idées n’incite pas à l’optimisme quant à un quatrième ou un cinquième opus.

Ce Men in Black III met d’autant plus en avant Will Smith que Tommy Lee Jones est absent de l’écran une bonne partie du film. Il s’acquitte de son rôle avec son charme habituel, mais sans non plus forcer son talent plus que ça. A l’image du film en fait. Son partenaire est cette fois essentiellement un Josh Brolin chez qui on sent un vrai bonheur d’être là et une implication bien plus convaincante.

Au final, Men in Black III n’a évidemment rien à voir avec le vrai bonheur qu’avait constituer le premier épisode. Mais on a connu bien des franchises dont le troisième était d’une qualité bien moindre que celui-là. Il y a même bien des franchises où même le premier était bien en dessous…

Fiche technique :
Production : Amblin Entertainment, Media Magik Entertainment, Hemisphere Media Capital, Columbia Pictures
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Réalisation : Barry Sonnenfeld
Scénario : Etan Cohen
Montage : Don Zimmerman
Photo : Bill Pope
Décors : Bo Welch
Musique : Danny Elfman
Durée : 104 mn

Casting :
Will Smith : L’agent J
Josh Broslin : L agent K jeune
Tommy Lee Jones : L agent K
Emma Thompson : L agent O
Jemaine Clement : Boris

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