UNE VIE COMME NEUVE (George Simenon) : Les traits du génie, mais sans enthousiasme

uneviecommeneuvePoursuite de ma traversée de l’œuvre de George Simenon avec Une Vie Comme Neuve. Une nouvelle plongée dans les méandres de l’âme humaine, écrite en 1951. Un livre sur la médiocrité de la vie, mais un livre loin d’être médiocre… même s’il a bien du mal à passionner.

Monsieur Dudon mène une petite vie étriquée. Vieux garçon, il se rend régulièrement au bordel, chez Madame Germaine, où il dépense les petites sommes qu’il détourne de l’entreprise dont il est le comptable. Il n’assume pas et reste persuadé qu’il finira par être puni pour ça. Il pense que le jour du châtiment est arrivé le jour où il est renversé par une voiture. Mais le responsable de son accident, un notable qui veut l’empêcher de révéler qu’il était alors avec sa maîtresse, va lui offrir sans le savoir une nouvelle vie.

Une Vie Nouvelle pourrait faire croire qu’il s’agit vraiment d’un récit sur la possibilité d’oublier son passé et de mener enfin l’existence dont on rêve. On peut le penser pendant un bon moment, mais ceux qui connaissent un peu l’œuvre de l’auteur belge se doutent bien que tout ne se termine pas par un happy-end. On est une nouvelle fois confronté à des hommes du quotidien, au destin ordinaire, mais qui cachent souvent des choses beaucoup plus inavouables. On est donc là devant du pur Simenon, le précurseur de Desperate Housewives… (Bon j’ironise un tantinet pour le coup).

Cependant, Une Vie comme Neuve est portée par une trame narrative beaucoup plus légère que d’habitude… Oui enfin, ce n’est que le troisième Simenon que je lis, mais je vais faire comme si j’en étais déjà un grand spécialiste. Pour ainsi dire, il ne se passe pas grand chose, en dehors des états d’âme des protagonistes. Du coup, par moment, je dois bien avouer, on s’ennuie un peu. Enfin, le roman, comme le plus souvent, est très court, donc on arrive quand même à le lire relativement rapidement.

C’est dommage que le propos ne soit pas soutenu par une intrigue plus consistante, car il est vraiment intéressant. Simenon ne nous décrit pas la réalité comme on aimerait qu’elle soit, mais comme elle est. Trop souvent notre propre médiocrité vient à bout de nos résolutions les plus fermes et les vieux travers ressurgissent. C’est exactement le cas de Une Vie comme Neuve qui nous décrit ce processus avec sa montée et sa descente parfois lente, parfois vertigineuse.

Une Vie comme Neuve est écrite sous la plume de Simenon, c’est à dire une très grande plume. Ce qu’il y a bien avec un tel auteur, c’est que même quand on est moins enthousiaste, on arrive à ne pas être totalement déçu, puisqu’on a au moins le plaisir de parcourir des mots si bien agencés. Et puis un auteur qui a publié 176 romans, rien que ça, tout ne peut pas toujours être fantastiquement génial.

Une Vie comme Neuve est donc un livre de George Simenon qui est loin de m’avoir enthousiasmé. On reconnaît les traits du génie, mais le tout manque de souffle ! Mais bon, du coup, j’ai très envie d’en lire rapidement un autre !

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