INDIAN PALACE : Le 3ème âge à l’ombre des éléphants

indianpalaceafficheDe part mes origines, certes lointaines (un arrière-grand-père), j’ai un attachement particulier à l’Inde. Du coup, j’ai quelque peu hésité à aller voir Indian Palace, une comédie anglaise, qui sentait tout de même le ramassis de clichés à plein nez. D’ailleurs, mes parents, qui vont en Inde chaque année ou presque, s’y sont refusés et ont même trouvé quelque peu saugrenue mon intention d’aller le voir. Mais au final, je ne regrette pas, surtout que le vrai sujet du film n’est pas du tout l’Inde…

Des retraités quittent l’Angleterre pour diverses raisons, principalement financières, pour séjourner au Marigold Hotel à Jaïpur en Inde. Ce dernier se révèle moins luxueux qu’annoncé dans les publicités, malgré les efforts et l’énergie de son gérant, le jeune Sonny. Chacun d’eux va alors vivre une expérience qui va leur faire comprendre que leur existence est loin d’être terminée.

Indian Palace porte en fait essentiellement sur ces retraités anglais qui semblaient condamnés à une fin de vie sinistre et sans joie. L’Inde n’est qu’un prétexte, un décor. Certes, cette histoire ne serait pas transposable ailleurs, mais qu’importe si tout est un peu édulcoré, un peu carte postale. On est face à une sorte de road movie du troisième âge, mais où la route parcourue l’est surtout dans les esprits. De nouvelles perspectives s’ouvrent et redonnent goût à la vie… ou pas…

En effet, Indian Palace nous offre autant d’histoires que de personnages et chacune d’elles ne va pas déboucher sur un happy end, malgré le ton assez léger du film. On est presque proche du film à sketchs, même si tout est raconté en parallèle. Et comme d’habitude, cela débouche sur un résultat inégal. Tout ne fonctionne pas, tout n’est pas convaincant, mais globalement ça se tient. Au final, si on se prête au jeu, il se dégage de ce film une réelle émotion portée par un vraie optimiste très agréable.

Indian Palace essaye tout de même de nous parler de l’Inde, en particulier de l’opposition entre la partie de la société qui s’occidentalise à grand pas et celle qui reste attachée à une culture traditionnelle. Sauf que cette dernière, comme elle est représentée dans le film, est déjà hyper moderne. Le sujet des intouchables est lui aussi évoqué, mais sans vraiment entrer dans le cœur du sujet. Bref, comme on pouvait le pressentir en voyant la bande-annonce, la partie vraiment « indienne » du film est loin d’être la plus intéressante.

indianpalaceLa multitude des intrigues parallèles fait que le film est plutôt rythmé. Même si on n’est pas toujours totalement convaincus, au moins, on ne s’ennuie pas. La réalisation de John Madden, dont l’œuvre majeur, Shakespeare in Love a quand même reçu l’Oscar du meilleur film, est très professionnelle, mais sans génie particulier. Il faut dire que depuis Slumdog Millionnaire, on sait comment un Occidental peut filmer l’Inde avec un talent infini.

Le lien avec Slumdog Millionnaire tient aussi à la présence de Dev Patel à l’affiche. Cela permet de voir comment un film forme un tout où chaque élément se tire mutuellement vers le haut. Ou inversement, car à l’image du film, sa performance n’a cette fois rien d’inoubliable. La vraie fraîcheur vient de cette bande d’acteurs soixantenaires. Un grand bravo au trio Bill Nighy, Tom Wilkinson et surtout l’immense Judi Dench. Par contre Maggie Smith est moins convaincante, même si c’est surtout son personnage qui est à blâmer.

Indian Palace est donc au final un film sympathique, mais inégal. Un fond de réflexion qui porte sur la vieillesse, bien plus sur la société Indienne, parfois convaincant et empli d’un optimisme réjouissant.

Fiche technique :
Production : Blueprint puctures, Imagenation Abu Dhabi FZ, Participant Medi
Distribution : 20th Century Fox
Réalisation : John Madden
Scénario : Ol Parker, d’après le roman de Denorah Moggach
Montage : Chris Gill
Photo : Ben Davis
Décors : Alan MacDonald
Musique : Thomas Newman
Durée : 124 mn

Casting :
Judi Dench : Evelyn Greenslade
Tom Wilkinson : Graham Dashwood
Bill Nighy : Douglas Ainslie
Penelope Wilton : Jean Ainslie
Maggie Smith : Miuriel Donnelly
Celia Imrie : Madge Hardcastle
Dev Patel : Sonny Kapoor

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