SI LOIN, SI PROCHE

tsongadjokovicA un moment donné, je me suis surpris à penser : Ah c’est bien, Tsonga va affronter Del Potro en demi-finale, il aura toutes ses chances… J’ai beau approché de l’âge du Christ, j’arrive encore à me faire avoir comme un bleu. Car le tennis, surtout sur terre battue, tire tout son charme de ces renversements de situation qui semblent à un moment donné improbables, mais qui finissent par devenir inexorables. Ces deux matchs ont aussi permis de mesurer une nouvelle fois ce petit rien qui sépare un champion d’un grand champion.

Avec le trio Nadal-Federer-Djokovic, on peut même parler d’immenses champions. Juan-Martin Del Potro et Jo-Wilfried Tsonga sont des sportifs d’un niveau déjà impressionnant. Ils ont été grands hier, très grands même par moment, mais ce n’était pas encore suffisant. Ils avaient devant eux des exceptions qui vous obligent à la perfection de bout en bout. Bien sûr, on peut avoir des regrets, se dire que dans le tie-break du 4ème set, à 4-2 pour le Français, des premières balles lui auraient sûrement offert le match. Mais le bras de Tsonga a tremblé. A peine, un frémissement, mais celui de Djokovic, à ce moment là du match, lui, est resté d’une fermeté absolue.

Tsonga aurait pu gagner, ça n’aurait rien eu d’injuste et il n’aura manqué qu’un peu de réussite au moment critique. Mais on se rend compte à quel point le tennis fait vivre une époque terrible aux joueurs n’appartenant pas au trio magique. On a pu mesurer quel degré de concentration et d’engagement il aura fallu au Français pour ne serait-ce qu’être à deux doigts de gagner. S’il l’avait finalement emporté, il aurait fallu rééditer une telle performance en demi contre Federer, puis en finale contre Nadal. C’est tout simplement impossible…

Tsonga et Del Potro n’ont pas à rougir de leurs défaites. A l’impossible nul n’est tenu, même si, hier, l’impossible était à portée de raquette.

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