JANUA VERA (Jean-Philippe Jaworski) : Fantasy mature

januaveraPendant longtemps l’heroic fantasy a été largement dominée par les Anglo-saxons. Il faut dire que le genre est né en Angleterre sous la plume de J.R.R Tolkien. Depuis, ce domaine littéraire s’est largement diversifié et donc internationalisé. La preuve avec un petit gars (enfin né en 1969 quand même) bien de chez nous, Jean-Philippe Jaworski et son recueil de nouvelles Janua Vera. Il s’agit de sa première œuvre, publiée en 2007, même si je me base ici sur une édition augmentée, sortie en 2010.

Le Vieux Royaume à travers les époque et à travers les destins de plusieurs personnages : un souverain-dieu qui rêve de sa propre chute, un assassin victime d’une machination, un chevalier prêt à défendre l’honneur d’une dame, un guerrier qui lutte contre la mort au milieu d’étranges visions…

Janua Vera est composé de 8 récits d’une cinquantaine de pages chacun. J’imagine que la première édition en comptait moins, mais je ne saurais dire combien. On y retrouve quelques nom de lieux en commun pour donner une unité, mais sinon chaque nouvelle peut se lire totalement indépendamment des autres. Elles se situent tous au Vieux Royaume, l’univers récurent imaginé par Jean-Philippe Jaworski, mais qui sert ici de simple décor. Chaque récit se concentre essentiellement sur les péripéties vécues par un personnage et les descriptions sont vraiment peu nombreuses.

En fait, Janua Vera est plus proche du roman historique que de la fantasy à proprement parler. En effet, il se situe dans un univers moyenâgeux où la magie et les créatures fantastiques sont assez peu présentes. La plupart des nouvelles auraient pu se dérouler dans notre monde, cela n’aurait le plus souvent strictement rien changé au récit. Cette œuvre peut donc réunir un public beaucoup plus large que les fans d’elfes et de dragons. D’ailleurs ces derniers seront même sûrement carrément frustrés.

Mais Janua Vera se distingue surtout par une réelle qualité d’écriture. Comme en plus, l’auteur est français, on n’a aucune perte due à la traduction. Jean-Philippe Jaworski a un parcours un peu particulier puisqu’avant de devenir écrivain, il s’est fait connaître en réalisant deux jeux de rôle en tant qu’amateur. Ce recueil a donc été une suite logique de son imagination débordante. Elle a connu un succès immédiat, récompensée par plusieurs prix. En parcourant les pages, on n’a jamais la sensation de lire un auteur débutant, bien au contraire. Il y a une grande maturité et une réelle maîtrise dans le style, qualités vraiment rares dans cet univers littéraire souvent beaucoup plus direct et immature.

Bien qu’il soit un recueil de nouvelles, Janua Vera est vraiment d’une qualité homogène. Les histoires sont très différentes les unes des autres, mais se lisent tous avec le même plaisir. Cette forme pourra ravir les lecteurs intermittent puisque, encore une fois, chaque récit est vraiment indépendant de ceux qui l’ont précédé. Personnellement, j’ai lu une nouvelle par soir et c’était très agréable de pouvoir à chaque jour de lecture avoir un début, un milieu et une fois, surtout que je n’ai jamais été déçu.

Janua Vera et plus largement l’univers de Jean-Philippe Jaworski constituent donc de très belles surprises. Personnellement, j’ai hâte de revenir au Vieux Royaume. Cela tombe bien puisqu’en même temps que ce recueil, on m’a offert Gagner la Guerre, son deuxième livre, un roman se situant dans le même univers. Rendez-vous donc bientôt pour une nouvelle critique !

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