PROMETHEUS : Il était une fois l’homme

prometheusaffichePrometheus était un des films le plus attendus de cette année. Le projet d’un prequel de Alien était dans l’air du temps depuis longtemps et savoir que Ridley Scott serait à sa tête attisait l’impatience et une envie gourmande chez les fans. Mais une fois le film sorti sur les écrans, les réactions furent beaucoup plus tièdes. Du coup, je m’y suis rendu avec beaucoup de méfiance et sans guère d’espérance. C’est peut-être pour ça que j’en suis ressorti particulièrement enthousiaste.

A la fin du XXIème siècle, à plusieurs endroits sur Terre et chez diverses civilisations antiques, on retrouve les mêmes représentations de géants les mains tournées vers les mêmes étoiles. Une expédition, financée par la multinationale Weyland et animée par deux scientifiques persuadés qu’ils tiennent là le secret de la création de l’homme, est envoyée dans le système qui figure sur ces dernières. Mais rien n’assure qu’ils y trouveront ce qu’ils espèrent.

Prometheus renoue avec une science-fiction emplie de mysticisme. Ce n’est certainement pas le premier récit du genre qui fait le lien entre des civilisations extra-terrestres, l’origine de l’humanité et l’existence de Dieu. Des thèmes hyper classiques qui ont toujours nourri ce domaine de l’imaginaire. Après on peut trouver que ce sont des questions existentielles de pacotille, du religieux qui n’a rien à faire là ou un ésotérisme du pauvre. Ou alors on peut y voir un nouvel épisode d’une tradition ancienne qui a largement irrigué la culture populaire depuis plusieurs décennies.

Un autre reproche fait à Prometheus est la légèreté de son scénario. Il est vrai qu’il n’est pas non plus hyper élaboré, mais pas plus que ne l’était celui d’Alien. Comme son prédécesseur, on est dans un film d’ambiance, dont l’intérêt est basé sur la tension constante et un mystère qui se dévoile peu à peu. Le film rentre assez vite dans le vif sujet alors que la bande-annonce pouvait donner à penser à une longue et pénible introduction. Après, on est face à des aventures assez classiques, mais qui ne sont certes pas portées par une intrigue particulièrement complexe.

N’empêche, malgré tout ces reproches que je peux objectivement comprendre. J’ai tout simplement adoré Prometheus. Je suis entré dans le film dès les premières secondes et je n’en suis jamais ressorti. J’ai accroché à tous les niveaux : l’ambiance, l’intrigue, les personnages… Une immersion immédiate dans un univers à la fois nouveau mais qui évidemment multiplie les clins d’œil vers l’univers que des quatre films de la quadrilogie initiale. Vous trouverez même des fans qui sur les forums regardent attentivement si tout cela est bien compatible avec les Aliens vs Predators. Sauf le respect que j’ai pour eux, Riddley Scott doit à peine savoir que ces deux navets existent.

Si Prometheus fonctionne si bien, c’est que la caméra de Ridley Scott reste une des plus magistrales d’Hollywood. Paradoxalement, le fait qu’il dispose de tous les moyens techniques qu’il désire rend peut-être son style plus impersonnel que dans un Alien, où il devait compenser le manque de moyen par son génie artistique. Mais tout de même, il y a chez lui une manière remarquable de passer avec le même bonheur de scènes d’action spectaculaires, aux frontières de la démesure, à des scènes intimistes où il développe la psychologie de ses personnages.

prometheusLe casting de Prometheus est riche en acteurs chevronnés. Les deux plus grandes stars sont Noomi Rapace et Michael Fassbender. La première confirme son incroyable charisme et cette faculté à se transformer physiquement pour chacun de ses rôles. Le second est parfois un peu hésitant dans ce rôle de cyborg qui s’interroge sur sa propre condition. Par contre, rien à redire sur les performances de Idris Elba, remarqué dans l’excellente série Luther, et Charlize Theron.

Prometheus manque peut-être d’audace et de surprises. Cependant, il renoue avec une science-fiction très classique dont Ridley Scott a toujours été un des porte drapeau (Alien, Blade Runner). On lui reproche de ne pas s’être réinventé, mais il n’a jamais été un précurseur. Je retrouve en fait dans ce film ce qui a fait que j’aime tant Kingdom of Heaven et qui fait que ce dernier est lui aussi parfois sévèrement décrié. Du cinéma classique, délivrant des messages simples (ce qui n’est pas pareil que superficiels), mais du cinéma éternel !

Fiche technique :
Production : Brandywine productions, Dune entertainment, Scott Free Productions
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Ridley Scott
Scénario : Jon Spaiths, Damon Lindelof
Montage : Pietro Scalia
Photo : Dariusz Wolski
Décors : Arthur Max
Musique : Marc Streutenfeld
Costumes : Janty Yates
Durée : 124 mn

Casting :
Noomi Rapace : Elizabeth Shaw
Michael Fassbender : David
Charlize Theron : Meredith Vickers
Idris Elba : Janek
Guy Pearce : Peter Weyland
Logan Marshall-Green : Charlie Holloway
Kate Dickie : Ford
Sean Harris : Fifield

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