FINISTERIENS (Miossec) : Miossec et Tiersen sont sur un bateau

finistreriensmiossecLa Bretagne est une région merveilleuse. Sa pluie, ses crêpes, ses menhirs… Mais surtout ses merveilleux habitants, tellement sympathiques qu’on leur pardonne aisément leur alcoolisme légendaire. Quoi ? Je colporte des clichés ? Peut-être, mais pour ce qui est du dernier point que j’ai évoqué, ce n’est pas sûr qu’écouter Finistériens de Miossec mette fin à cette réputation. Un album qui démontre une nouvelle fois l’immense talent de cet artiste.

Christophe Miossec est né en 1964 à Brest. Il a connu le succès dès son premier album sorti en 1995, intitulé… Boire… Après on s’étonne que les idées reçues aient la vie dure… Surtout qu’il a débuté sa carrière en se produisant régulièrement dans les bars brestois. Depuis, 7 autres albums ont suivi, donc ce Finistériens, sorti en 2009.

Finisteriens nous offre tout ce que la Bretagne fait de mieux puisque cet album a été écrit et réalisé en collaboration avec Yann Tiersen, qui a joué à peu-près tous les instruments lors de l’enregistrement. Ce mélange de talents nous offre un très bon album qui mélange les qualités d’écritures de Miossec avec les qualités de musicien du célèbre violoniste. Un album riche donc, même s’il n’est pas forcément le meilleur de l’artiste.

Il manque sans doute à Finistériens une chanson vraiment marquante. Les textes sont bons, mais aucun ne se détache vraiment. Un album dense et homogène en qualité qui s’écoute avec un vrai plaisir. Les thèmes sont ceux qui ont toujours parcouru l’œuvre de Miossec. Je ne sais pas combien d’histoire d’amour il a pu foirer par son alcoolisme et son amour immodéré des femmes, mais en tout cas, cela lui a procuré une inépuisable inspiration. Il est vrai que ça manque peut-être un peu de vraies nouveautés dans les sujets abordés par rapport à ces albums précédents. Je ne dirais pas que le Breton tourne en rond, mais il reste tout de même dans un univers très familier.

Par contre, la vraie nouveauté c’est l’apport de Yann Tiersen. Les instrumentations sont plus élaborées, plus intéressantes que sur les autres albums de Miossec. Elles alternent entre piano et violon et apportent toujours un vrai plus à chacun des morceaux. On s’attarde parfois à écouter avec attention les mélodies et les accompagnements, ce qui n’a pas toujours été le cas. Cependant, là encore, les familiers de Yann Tiersen ne seront guère surpris par ce qu’il propose sur Finistériens.

Si je devais tout de même retenir deux titres sur Finisteriens, je choisirai tout d’abord Nos Plus Belles Années, pour son texte très poétique. Mais le meilleur reste pour moi Fermer la Maison car c’est celui où se mêle vraiment le talent de Miossec et de Yann Tiersen de manière vraiment égal. C’est avec ce morceau que l’on mesure le mieux tout l’intérêt de cette collaboration dont peut être fier toute la Bretagne.

Finisteriens est donc au final un bon album de Miossec. Mais c’est surtout l’apport de Yann Tiersen qui donne un réel intérêt à cet album.

Pour finir, faisons le tour des morceaux que l’on trouve sur Finisteriens.

1-Seul ce que j’ai perdu
Une chanson douce et mélancolique sur un ancien amour.

2-Les Joggers du dimanche
Un texte parcouru par une ironie typique de Miossec, proposant un regard quelque peu interrogateur sur la supposée normalité.

3-À Montparnasse
Une chanson sur le sens du travail salarié.

4-Les Chiens de paille
Une musique plus dynamique pour un texte toujours sur un amour difficile.

5-CDD
Quelques violons et une voix plein de conviction.

6-Nos plus belles années
Une chanson très poétique pour un nouveau retour mélancolique sur le passé.

7-Jésus au PMU
Un texte qui s’adresse à Jésus, avec une instrumentation à la guitare qui monte en intensité au fur et à mesure.

8-Haïs-moi
Une voix un peu distordue pour un résultat moins mélodieux.

9-Fermer la maison
La musique au violon est lente et mélodieuse et porte un très beau texte.

10-Loin de la foule
Un piano très présent sur laquelle se pose une voix presque murmurée, pleine d’émotion.

11-Une fortune de mer
Une ode à l’amour et à la mer.

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