THE RAID : John McLane est un Bisounours

theraidafficheLe cinéma asiatique est le cinéma de tous les excès… Voilà, je vous ai livré le lieu commun qui ne veut strictement rien dire du jour pour commencer cette critique. Mais que voulez-vous, je suis parfois très faignant et j’avoue qu’il m’arrangeait pour introduire mon avis sur The Raid. Si on est plus habitué à voir sur nos écrans des longs métrages venus du Japon, de Corée ou de Chine, ce moment de pure adrénaline a été réalisé en Indonésie.

Une unité d’élite de la police de Java s’apprête à donner l’assaut à un immeuble qui tient lieu de quartier général à un baron de la drogue local. Une vraie forteresse qui va vite ressembler à un piège qui se referme sur le groupe. Va alors commencer une lutte sans merci pour survivre et arriver à échapper à cet enfer.

Autant vous le dire tout de suite, The Raid ne tire pas du tout son intérêt de son scénario. Certes, il nous réserve quelques surprises et un rebondissement plutôt inattendu, mais rien de bien transcendant. L’intrigue n’est qu’un support à tout autre chose et il serait très sévère de le juger sur ce point. C’est souvent le cas dans des films de pure action, mais là, on est face à un OVNI cinématographique dont l’intérêt dépasse de loin la plupart des blockbusters hollywoodiens.

The Raid est presque un film de danse… Ok, vous ne voyez pas vraiment le rapport entre ce film et un Sexy Dance. Pourtant, les films d’arts martiaux s’apprécient par les chorégraphies qu’ils nous proposent, même si le ballet des danseurs revient à vouloir s’étriper joyeusement. Certes, il est vrai aussi que le pistolet automatique n’est pas tout à fait comparable à un tutu et un diadème, mais il s’agit toujours de mettre en exergue les possibilités offertes par le corps humains quand on le maîtrise à la perfection.

The Raid ne cherche donc pas à être réaliste, mais simplement spectaculaire. Il nous offre de vrais moments de bravoure où le personnage principal déploie des ressources incroyables d’habileté, de souplesse, de rapidité et de force pour envoyer ses ennemis ad patres. C’est tellement improbable parfois, dans l’excès le plus total que ça en devient totalement jouissif. On est dans l’utra-violence, mais une violence tellement excessive et stylisée qu’elle en perd son sens. Cependant, le film mérite largement son interdiction au moins de 16 ans.

theraidLe tout est porté par une réalisation musclée et efficace, mais qui sait parfois s’attarder pour créer une ambiance et une vraie tension. C’est là que The Raid finit de prendre un intérêt bien supérieur à ce que peut donner à penser le synopsis. Gareth Evans ne nous livre pas un clip vidéo, mais un vrai moment de cinéma porté par un réel travail artistique et une photographie soignée, à défaut d’être géniale. La bande-son et la bande originale viennent encore souligner la qualité de la réalisation.

Alors évidemment, la performance de certains acteurs dépassent le seul cadre de l’expression dramatique. Nous sommes aussi face à des performances physiques réellement impressionnantes. Celles de Iko Uwais et Yayan Ruhian le sont de la première à la dernière seconde, avec comme point d’orgue leur inoubliable affrontement final. Le jeu de Ray Sahetapy est plus classique, mais il incarne parfaitement le grand méchant inquiétant et machiavélique.

The Raid est donc bien plus qu’un simple film d’action. En faisant passer Piège de Cristal pour un remake de la Mélodie du Bonheur, il repousse certaines limites pour notre plus grand bonheur.

Fiche technique :
Production : Pt. Merantau Films, XYZ Films
Distribution : SND
Réalisation : Gareth Evans
Scénario : Gareth Evans
Montage : Gareth Evans
Photo : Matt Flannery
Musique : Fajar Yueskemal, Aria Prayogi, Mike Shinoda, Joseph Trapanese
Durée : 101 mn

Casting :
Donny Alamsyah : Andi
Joe Taslim : Jaka
Yayan Ruhian : Mad Dog
Iko Uwais : Rama

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