STARBUCK : Famille nombreuse, famille heureuse

starbuckafficheLe Québec est une charmante contrée, mais qui a la malheureuse habitude de nous refiler tout un tas de chanteurs et de chanteuses dont on se passerait bien. Malgré cela, on les aime bien nos cousins de l’autre côté de l’Atlantique. Parce qu’ils se rattrapent avec leur gentillesse, leur sirop d’érable et quelques bons films de temps en temps. En voici un particulièrement réussi, on peut même dire génial, intitulé Starbuck.

Il y a une vingtaine d’années, pour gagner de l’argent, David Wozniak a donné son sperme plus qu’à son tour, sous le pseudonyme de Starbuck. Mais aujourd’hui, il apprend qu’il est le géniteur de 533 enfants, dont 142 ont monté une association pour connaître l’identité de leur père. Dépassé par les évènements, il sollicite l’aide d’un de ses amis avocat pour l’aider à conserver son anonymat. Mais peu à peu, il commence à espionner sa progéniture et à s’attacher à elle.

Starbuck est une comédie humaniste, moderne et drôle, où humour et une certaine profondeur se côtoient. C’est tendre, touchant, subtil, bien mené, toujours de bon goût, jamais vulgaire, intéressant, prenant du début à la fin,… Bref, on pourrait passer la nuit à lister toutes ses qualités. On ne sait d’ailleurs pas trop par quoi commencer car nous sommes typiquement face à un film qui fonctionne incroyablement bien sans que l’on sache vraiment pourquoi.

Ceux qui ont déjà vu maintes fois la bande-annonce de Starbuck savent déjà quel est le point de départ du film. Mais ce n’est pas grave car c’est justement simplement un point de départ qui est rapidement exposé. Cela permet de rentrer tout de suite dans l’histoire qui va se dérouler à un rythme très juste, entre une intrigue qui avance constamment et le temps nécessaire pour faire réellement connaissance avec les personnages.

Ces derniers sont d’ailleurs le point fort du film. Le personnage de David, loser au grand cœur, complètement dépassé par les évènements nous rappelle un peu The Dude de The Big Lebowski. Quelqu’un qu’on n’aimerait pas avoir comme ami, sauf si on est déjà son ami et qu’on sait à quel point c’est un ami formidable… Ce n’est pas forcément très clair ce que je dis, mais on a tous dans notre entourage quelqu’un comme ça. A propos de David, dans le film, son père explique que malgré sa maladresse, partout où il va, il sait se faire aimer. C’est exactement ce qui se passe dans Starbuck où très vite le spectateur est sous le charme.

Starbuck parle beaucoup de famille, mais d’une manière tellement plus intelligente, subtile et drôle que l’éternel message hollywoodien. Rien que pour ça, ce film apporte un vrai vent de fraîcheur absolument réjouissant. Et puis, encore une fois, Ken Scot ne s’est absolument pas contenté d’exploiter une idée de départ sympathique. Il a construit un film remarquable à tout point de vue. La réalisation est sobre, mais l’écriture et la direction d’acteurs sont-elles vraiment de tout premier plan. Bien des réalisateurs paresseux devraient prendre modèle sur lui !

starbuckStarbuck ne fonctionnerait pas si bien sans une belle brochette d’acteurs. Des acteurs bien du cru. Pour preuve leur accent qui nécessite parfois quelques sous-titres qui permettront à nous, maudits Français, de bien tout comprendre. Honneur tout d’abord à Patrick Huard, qui porte une bonne partie du film sur ses épaules mais s’en sort merveilleusement. Sans son charme et son charisme, jamais on ne croirait à cette histoire. Ensuite, Antoine Bernard apporte une touche comique plus premier degré, mais qui touche parfaitement à son but. Enfin, Igor Ovadis, le père, est lui vecteur d’une légère émotion qui vient apporte une petite touche d’émotion délicieuse.

Starbuck est donc une excellente comédie qui cartonnerait sûrement si elle était hollywoodienne. Espérons que le public français lui fera tout de même honneur !

Fiche technique :
Production : Caramel film
Distribution : Diaphana
Réalisation : Ken Scott
Scénario : Ken Scott, Martin Petit
Montage : Yann Thibaudeau
Photo : Pierre Gill
Musique : David Laflèche
Costumes : Sharon Scott
Directeur artistique : Danielle Labrie
Durée : 109 mn

Casting :
Patrick Huard : David Wozniak
Julie Le Breton : Valérie
Antoine Bertrand : l’ami et l’avocat de David
Igor Ovadis : le père de David

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