TO ROME WITH LOVE : Légèreté romaine

toromewithloveafficheA chaque année, son Woody Allen. Le 2012 s’appelle To Rome With Love. Le réalisateur new-yorkais continue donc son tour d’horizon des capitales européennes, après sa trilogie londonienne et son délicieux Minuit à Paris. Il nous offre un regard peut-être moins amoureux, mais qui donne au final un film léger et agréable, plein du romantisme de la Ville Eternelle.

Une ville, quatre destins. Celui d’un couple de provinciaux innocents, celui d’un quidam qui devient une star du jour au lendemain et sans raison, celui d’un architecte qui revient sur les traces d’une vieille histoire d’amour et celui d’un producteur de musique retraité qui rêve de renouer avec son passé.
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To Rome With Love est un film à sketchs. Ces derniers ne se succèdent pas mais se déroulent en parallèle. On saute constamment d’une histoire à l’autre, dont le seul lien est la ville dans laquelle les évènements se déroulent. Forcément, il est du coup un peu inégal. Mais comme on navigue d’une histoire à l’autre, même s’il y a l’une ou l’autre que l’on aime moins, on n’y reste jamais trop longtemps. Tout est donc réuni pour passer un très bon moment.

Sur les quatre histoires, personnellement, il y en a une que j’ai vraiment aimée, deux que j’ai trouvé sympathiques et une dernière auquel je reproche un léger manque d’intérêt. Celle qui m’a le moins convaincue est celle mettant en scène Roberto Benigni, une farce sur le ridicule des gloires médiatiques éphémères consacrées à des gens qui n’en valent pas la peine. A l’inverse, celle où apparaît Alec Baldwin m’a vraiment séduite. Une intrigue classique de triangle amoureux mais particulièrement bien mené et parcouru par un délicieux souffle de nostalgie.

To Rome With Love est un Woody Allen léger, comme il nous en livre de plus en plus. Il s’affranchit de plus en plus du réalisme pour ne plus hésiter à introduire des éléments de « fantastique » pour soutenir son propos ou juste pour le délice des situations. C’est moins marqué que pour Minuit à Paris, mais parfois bien présente. Bien sûr il faut aimer l’humour basé presque exclusivement sur des dialogues à profusion, mais cela reste tout à fait accessible. On se laisse porter par cette intrigue qui met en valeur la capitale italienne, mais surtout des sentiments que l’on a tous ressenti à un moment ou l’autre de sa vie.

toromewithloveLa réalisation reste égale à elle-même. Du jazz ou de la musique classique en fond sonore et une caméra qui n’hésite pas à s’attarder sur le décor pour nous en faire partager la beauté. Je ne sais pas si les Romains ressentent le même plaisir en regardant To Rome With Love que les Parisiens en regardant Minuit à Paris. Personnellement, ça m’a tout de même envie de sauter dans le premier avion et d’aller passer un week-end chez mes amis qui vivent dans la Ville Eternelle.

Le casting de To Rome With Love est encore une fois flamboyant. Woody Allen lui-même apparaît à l’écran pour un rôle de new-yorkais névrosé que l’on connaît par cœur, mais qui fonctionne toujours aussi bien. Mais le plus grand plaisir est la présence du beaucoup trop rare Alec Baldwin, dont le charme et le charisme inonde l’écran. La jeune Ellen « Juno » Paige confirme son statut de future grande et Jesse « Mark Zuckerberg » Eisenberg est lui aussi très à son aise. La touche de charme ingénue d’Alessandra Mastronardi rappelle que le charme est une invention italienne.

To Rome With Love n’est peut-être pas le Woody Allen le plus inoubliable, mais il constitue un badinage léger et agréable qui donne envie d’être amoureux… et d’aller à Rome bien sûr.

Fiche technique :
Production : Medusa Film, Gravier productions, Perdido Porudctions, Mediapro
Distribution : Mars distribution
Réalisation : Woody Allen
Scénario : Woody Allen
Photo : Dairus Khondji
Décors : Anne Seibel
Costumes : Sonia Grande
Directeur artistique : Luca Tranchino
Durée : 102 mn

Casting :
Roberto Benigni : Leopoldo
Woody Allen : Jerry
Alec Baldwin : John
Penelope Cruz : Anna
Jesse Eisenberg : Jack
Ornella Muti : Pia Fusari
Judy Davis : Phyllis
Ellen Page : Monica
Riccardo Scamarcio : le voleur à l’hôtel

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