LES KAIRA : La banlieue qui fait rire… ou pas

leskairaafficheSi j’avais su, j’aurais pas venu… Voici ce que m’inspire les Kaïra, comédie française lourdingue que je n’ai pas vraiment apprécié. Pourquoi donc m’y suis-je rendu, alors que la bande-annonce et la promotion ne me donnait pas du tout envie ? Je me suis fié aux critiques très positives, pour ne pas dire élogieuses, qui ont piqué ma curiosité. Mais parfois, il faut savoir ne pas écouter l’opinion des autres…

Mousten, Abdelkrim et Momo sont trois losers dont la vie se limite à leur triste cité de Melun, où règne en maître Warner, un crétin absolu qui se prend pour Tony Montana. Ils sont surtout désespérément célibataire et commencent à être sérieusement en manque. Ils décident alors de se présenter à un casting pour tourner dans un film pornographique. Un seul problème, on leur demande une vidéo de démo…

J’avais pu lire que les Kaïra étaient une comédie à l’américaine, c’est à dire avec un humour très premier degré, mais surtout dix gags à la minute. Le problème, c’est que pendant une bonne heure, on est plutôt à un gag toutes les dix minutes. Peut-être qu’il y en a que je n’ai pas compris et donc même pas remarqué. Mais je crois simplement que le tout souffre d’un manque flagrant d’inspiration. C’est franchement poussif et la plupart des chutes sont totalement téléphonées. Sans parler de quelques gags pipi-caca d’un goût douteux. Et pourtant, il n’y a rien qui ne me fasse plus rire que les blagues de cul…

L’humour des Kaïra repose presque exclusivement sur les trois personnages. Le seul problème, c’est qu’on les connaît déjà pour les avoir vus de nombreuses fois à la télé. Ce n’est donc pas vraiment suffisant pour donner un réel intérêt à ce spectacle jamais surprenant. Franck Gastambide essaye bien de broder une histoire autour de tout ça, mais ça reste léger, trop léger. Ca manque franchement de consistance et c’est dommage car on s’attache quand même à ces trois compères qu’on aimerait voir autrement mis en valeur.

C’est vraiment dommage car la dernière demi-heure est elle bien meilleure. L’intrigue accélère enfin, les personnages évoluent un minimum et quittent la pure caricature. On laisse derrière soi la parodie un peu trop sommaire de la culture des banlieues pour délivrer un message plus subtil et faire sortir les personnages des lieux communs attendus où ils sont enfermés. Ces derniers prennent de l’épaisseur et ainsi s’achève le processus d’attachement qui nous permet d’apprécier pleinement un dénouement fort sympathique.

leskairaParler autrement des banlieues est évidemment un but de la démarche des auteurs des Kaïra. Bien sûr, ce film est avant tout et presque exclusivement voué à nous faire rire, mais cherche tout de même à donner une image plus positive de ces quartiers, de cette culture. Bref, les cités de Melun sont des sujets de comédie comme les autres ! Je trouve que la démarche est vraiment ratée pendant les deux premiers tiers avant de se mettre à fonctionner sur la fin. Du coup, je suis sorti de ce film largement déçu, mais aussi un peu frustré en me disant que le tout aurait pu être facilement bien meilleur.

Le trio Franck Gastambide, Medi Sadoun et Jib Pochtier est égal à lui-même, tel qu’on peut le voir à la télé. Encore une fois, il n’y a aucune surprise à ce niveau-là, ce qui peut-être vu comme une force ou une faiblesse. Les Kaïra multiplie surtout les caméos. Si certains ne sont pas très convaincants comme François Damiens en producteur porno, on appréciera celui d’Eric Cantona et celui d’Elie Semoun, qui prouvent leur sens de l’auto-dérision. Et bien sûr le public averti sera ravi de voir sur grand écran Rocco Sifredi et surtout la belle et troublante Katsuni.

Les Kaïra cherche avant tout à faire rire et n’y réussit que trop rarement pour que l’on soit vraiment convaincu, malgré un dénouement plutôt sympathique.

Fiche technique :
Réalisation : Franck Gastambide
Scénario : Franck Gastambide
Décors : Laurent Tesseyre
Costumes : Sandra Berrebi
Photographie : Antoine Marteau
Montage : Véronique Parnet
Musique : Sinik, Cheb Bilal et Big Ali
Production : Éric Altmayer, Nicolas Altmeyer, Jean-Charles Felli et Christophe Tomas
Société de production : Save Ferris/Mandarin
Durée : 95 minutes

Casting :
Franck Gastambide : Mousten
Medi Sadoun : Abdelkrim
Jib Pocthier : Momo
Ramzy Bédia : Warner
Alice Belaïdi : Kadija
Pom Klementieff : Tia
Demon One : Steeve
Ismaël Sy Savané : Ismaël
Annabelle Lengronne : Stay
Sissi Duparc : Sylvaine
Anouar Toubali : le mini-facteur
Jérôme Paquatte : le videur du Pacha Club
Doudou Masta : l’organisateur festival rap
François Bureloup : Bernard
Fatsah Bouyahmed : Roger
Katsuni : elle-même
François Damiens : Claude Fachoune, le producteur porno
Éric Cantona : l’entraîneur de l’équipe de foot
Elie Semoun : Lui même
François Levantal : le vendeur sex-shop
Armelle : Fille du casting pour les TTBM
Alex Lutz : l’Egyptien partouze haut de gamme
Kafka : le physio club branché
Cut Killer : le DJ festival hip-hop
Jean-Louis Barcelona : le physio club branché
Mafia K’1 fry : eux même
Rocco Siffredi : lui-même

 

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