
Un père qui essaye désespérément de vendre une méthode pour devenir un gagnant, une mère qui fait ce qu’elle peut, un grand-père obsédé et toxicomane, un oncle suicidaire et dépressif, un fils qui s’est voué au mutisme et surtout une fille qui ne rêve que d’une chose : remporter le concours Little Miss Sunshine, un concours de beauté, ce à quoi son physique ne la voue pas vraiment. Elle se retrouve pourtant sélectionnée et embarque tout ce petit monde dans une traversée du pays à bord d’un van aussi délabré que cette famille loin de l’idéal hollywoodien.
Je me rappelle très bien être allé voir Little Miss Sunshine au cinéma sans trop savoir à quoi m’attendre. Certes, le film était précédé d’une réputation flatteuse, ayant remporté de nombreux prix dans plusieurs festivals. Je me rappelle surtout en être ressorti débordant d’enthousiasme et de bonne humeur. Ce film s’apparente à du concentré de joie et d’optimisme, dynamitant le conformisme et le bonheur formaté. Il y a quelque chose d’Amélie Poulain, mais en plus mordant et en plus déjanté.
Little Miss Sunshine est une comédie incroyablement drôle, mais tellement plus que ça. Le film ne cherche pas à donner de leçon, si ce n’est que personne n’a à en donner à qui que ce soit ! Il s’en dégage une incroyable fraîcheur. L’histoire, récompensée par l’Oscar du meilleur scénario, connaît des rebondissements et réserve bien des surprises. Une vraie trame narrative au service d’un sujet pour un résultat incroyablement réjouissant. L’humour est plutôt subtil, jamais vulgaire. Lorsque Jonathan Dayton et Valerie Faris utilisent le premier degré, c’est toujours pour surprendre et surtout pour envoyer un missile au cœur des valeurs traditionnelles.
Little Miss Sunshine offre surtout une des scènes les plus extraordinaires de l’histoire du cinéma. Et oui, je n’ai pas peur de le dire ! Le passage du concours de beauté qui conclut le film reprend tout l’esprit dont il a fait preuve précédemment, mais en décuple toutes les qualités. C’est à mourir de rire et constitue surtout un pied de nez génial à tout ce qu’il y a de pire dans la culture américaine, et plus largement occidentale ! Un moment culte qui joue un grand rôle dans le succès commercial et critique de film indépendant… Enfin produit par la branche indépendante de la Fox, qui est donc prête à promouvoir les œuvres qui détruisent tout ce qu’une telle société représente… Enfin pour le coup, ils ont eu le nez creux !

Little Miss Sunshine, c’est enfin un formidable casting. Au premier rang de celui-ci, Alan Arkin, dont la performance a été récompensée par un Oscar du second rôle, couronnant une carrière débutée en… 1957 ! La très jeune Abigail Breslin nous charme par son incroyable énergie et son charme dévastateur… malgré tous les efforts pour l’enlaidir. Mais le film repose quand même avant tout sur les deux valeurs sûres Greg Kinnear et Steve Carell, vieux routiers du cinéma comique américain, qui tiennent là tous deux deux le plus beau rôle de leur carrière.
Little Miss Sunshine est un chef d’œuvre qui ne paye pas de mine. Mais un vrai chef d’œuvre quand même.
Fiche technique :
Production : Big Beach films, Third Gear prod, Deep River prod, Bona Fide prod
Distribution : 20th Century Fox
Réalisation : Jonathan Dayton, Valerie Faris
Scénario : Michael Arndt
Montage : Pamela Martin
Photo : Tim Suhrstedt
Décors : Kalina Ivanov
Musique : Mychael Danna
Effets spéciaux : Look!
Directeur artistique : Alan Muraoka
Durée : 101 mn
Casting :
Greg Kinnear : Richard
Toni Collette : Sheryl
Steve Carell : Frank
Paul Dano : Dwayne
Abigail Breslin : Olive
Alan Arkin : Grandpa
Bryan Cranston : Stan