SUPERSTAR : Une idée et puis c’est tout

superstarafficheIl n’y a que chez Samsung et Apple qu’on pense qu’il est impossible d’avoir la même idée au même moment. C’est pourtant arrivé quelques fois et notamment au cinéma. On y a déjà eu droit avec « Tiens, si je faisais un remake de la Guerre des Boutons » ou encore « Tiens, si je faisais un film moderne autour du personnage de Blanche-Neige ». Le dernier en date a été « Tiens, si je racontais l’histoire d’un gars qui devient célèbre d’un coup sans savoir pourquoi ». Woody Allen l’a eu pour en faire un sketch de son From Roma With Love. Et Xavier Giannoli pour son Superstar.

Martin Kazinski est un célibataire de quarante ans, menant une vie tranquille, travaillant dans une entreprise de recyclage de matériel informatique, au milieu de handicapés, qu’ils considèrent comme sa seule famille. Mais un jour, dans le métro, les gens commencent à lui demander des autographes et à le prendre en photo. Partout où il va, on le reconnaît et il se sent vite traqué et harcelé. Et reste une question… Pourquoi ?

Le meilleur dans Superstar reste son pitch… Tout le reste est par contre beaucoup plus décevant. Xavier Giannoli a clairement raté son film ne sachant pas comment dépasser son idée de base pour nous dire vraiment quelque chose. A chaque fois que le propos semble pouvoir devenir vraiment intéressant, le réalisateur et scénariste semblent tétaniser et fait vite marche arrière, passant à quelque chose de beaucoup plus insipide.

En fait, Superstar tourne constamment en rond. Les variations autour du même thème se succèdent, mais sont mises en scène selon toujours le même schéma. Du coup, on ne voit que répétition, là où on devrait avoir la sensation que l’histoire avance. Cette symétrie est peut-être volontaire, illustrant le cercle vicieux dans lequel est enfermé le personnage. Mais cela donne surtout l’impression d’un manque d’imagination et de profondeur. Le film sonne finalement creux, le potentiel de l’idée de départ étant désespérément sous-exploité.

On s’attache pourtant rapidement aux personnages, que ce soit le héros que la journaliste qui l’accompagne. Mais les évolutions sont trop lentes et trop attendues pour que l’on ne finisse pas par se lasser. On aurait du les quitter à regret, on finit par les quitter avec indifférence. Le film de l’émotion est alors coupé et avec lui disparaît le dernier lien entre l’histoire et le spectateur. L’ennui n’est alors plus très loin.

superstarRestera tout de même de Superstar quelques scènes réussies et des dialogues savoureux. On retiendra notamment un dialogue de sourds entre un patron de chaîne de télévision et le personnage qui lui explique justement qu’il ne veut pas faire de télévision. Or le premier y voit justement un très bon sujet pour une émission de télévision. Mais ces bons moments restent beaucoup trop ponctuels pour vraiment tirer le film vers le haut et nous laisser pleinement un bon souvenir. Cela renforce surtout encore une fois notre impression qu’il y avait vraiment matière à faire un film incomparablement plus intéressant.

L’interprétation n’est pas à blâmer de ce raté. Evidemment, les allergiques à Kad Merad ne se presseront pas pour voir Superstar. L’acteur fait pourtant tout son possible pour donner vie et crédibilité à son personnage. Mais ce dernier tourne trop en rond pour que le jeu de l’acteur ne fasse pas de même. Il n’y avait de toute façon pas matière pour faire mieux. Cécile de France est elle encore une fois étincelante. On remarquera tout de même une maturité nouvelle, soulignée par les quelques rides qui commencent à apparaître. Et oui, tout le monde vieillit.

Au final, Superstar est un film qui sous-exploite totalement son idée de base pour finir par être plutôt médiocre et parfois ennuyeux.

Fiche technique :
Production : Rectangle productions, Studio 37, Wild Bunch, Scope pictures, France 3 Cinéma
Distribution : Wild Bunch distribution
Réalisation : Xavier Giannoli
Scénario : Xavier Giannoli, Marcia Romano, d’après le livre de Serge Joncour
Montage : Célia Lafite-Dupont
Photo : Christophe Beaucarne
Décors : François-Renaud Labarthe
Musique : Mathieu Blanc-Francard
Durée : 112 mn

Casting :
Kad Merad : Martin Kazinski
Cécile de France : Fleur Arnaud
Louis-Do de Lencquesaing : Jean-Baptiste
Cédric Ben Abdallah : Alban
Alberto Sorbelli : Alberto

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