CONTRA (Vampire Weekend) : Créatif et foufou

contravampireweekendEtre artiste, cela peut signifier se torturer les méninges et être pris de passions irrépressibles et spectaculaires. On peut aussi créer pour changer le monde, faire avancer la société, dénoncer les injustices ou soutenir de grandes causes. On peut aussi vouloir à travers son œuvre explorer le plus profond de l’âme humaine, ses contradictions, ses tourments les plus intimes. Mais on peut surtout créer pour s’amuser sans se prendre la tête le moins du monde. C’est exactement le cas de Vampire Weekend et leur album Contra.

Vampire Weekend est un groupe fondé en 2006 à New York. Quatre copains issus de la fac de Columbia : Ezra Koening (chant et guitare), Rostam Batmanglij (clavier, guitare, chant), Chis Tomson (batterie), Chris Baio (basse). Une formation rock assez classique, même si au final leur musique ne l’est pas tout à fait. Ils ont sorti le premier album, simplement intitulé Vampire Weekend en 2008, avant d’enchaîner avec ce Contra deux ans plus tard.

Si Vampire Weekend a tout d’un groupe de rock classique à première vue, dès les premières secondes de Contra, on s’aperçoit qu’il n’en est rien. En effet, leur musique est pleine de sonorités étranges et originales qui viennent agrémenter l’immuable trio guitare-basse-batterie. Les apports sont généralement artificiels, mais on ne peut pas vraiment pas parler de rock-électro. En effet, les mélodies sont rarement jouer au clavier, mais ce dernier vient compléter l’instrumentation classique, un peu comme le fait la batterie en fait.

Ce qui marque immédiatement est également le côté un peu foufou et enthousiaste de Vampire Weekend. Contra est un album qui ne se prend pas au sérieux, bourré d’énergie et de joie de vivre. Le groupe se fait plaisir et c’est le plus souvent relativement communicatif. C’est assez débridé parfois, mais au moins, cela ne ressemble en rien à un produit formaté produit à la chaîne. Le son livré ici est réellement original et possède une vraie personnalité.

Mais voilà, une fois tout cela dit, est-ce que le résultat est vraiment convaincant ? De mon côté, je suis resté un peu circonspect. Je suis entré tout de suite dans Contra et j’ai vraiment apprécié les premiers titres. Cependant, peu à peu, le côté un peu brouillon a commencé à me lasser. C’est hyper créatif, mais on a parfois du mal à suivre Vampire Weekend dans cette musique qui part dans tous les sens. Quelques fois, on aimerait qu’ils se posent, histoire que l’on puisse mesurer vraiment l’étendu de leur maîtrise derrière toute cette énergie déployée.

Le meilleur titre de Contra reste le principal single, Cousins, qui résume assez bien l’album et qui nous propose ce qu’il y a de mieux chez Vampire Weekend. J’ai aussi un petit faible pour Giant (une chanson bonus pas présente sur toutes les versions de l’album). White Sky et Holiday s’écoutent aussi avec beaucoup de plaisir et y sont pour beaucoup sur la bonne impression initiale que procure l’album.

Au final, Contra nous propose un son réellement original, vertu devenue très rare, mais qui manque un peu trop de maîtrise pour être vraiment génial.

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur Contra.

1.: Horchata
Un morceau introductif aux sonorités originales.

2.: White Sky
Une ballade pop dynamique, avec toujours beaucoup d’originalité dans l’instrumentation.

3.: Holiday
Enjoué, un peu délirant et sympa.

4.: California English
Un titre assez dissonant, mais rigolo.

5.: Taxi Cab
Une ballade douce et mélancolique.

6.: Run
Une instrumentation plus symphonique, mais cela ne leur ressemble pas trop du coup.

7.: Cousins
Un single dynamique et créatif. Très bon !

8.: Giving Up The Gun
Un titre pop-rock plus classique, mais pas forcément hyper intéressant.

9.: Diplomat’s Son
Un titre un rien chaloupé, mais qui manque un peu d’épaisseur.

10.: I Think Ur A Contra
Un morceau plus épuré, entre voix et piano, accompagné de quelques effets sonores tout de même.

11.: Giant
Un titre très dynamique, chaloupé et assez festif.

12.: California English (Pt. 2)
Psychédélique et évaporé, mais guère convaincant.

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