LES SAVEURS DU PALAIS : L’eau à la bouche

lessaveursdupalaisafficheLa bouffe et la politique, deux passions bien françaises qui n’attendaient plus qu’une histoire pour être enfin réunies. C’est chose faite avec les Saveurs du Palais, qui rencontre un beau succès en salle… Enfin moins que Taken 2 qui écrase tout cette semaine, ce qui prouve que si les spectateurs avaient bon goût, ça se saurait. Bref, voici un film qui donne l’eau à la bouche du début à la fin et qui provoque une furieuse envie de se mettre derrière ses fourneaux.

Hortense Laborie est une cuisinière réputée vivant dans le Périgord. A sa grande surprise, on lui apprend que le Président Mitterrand lui propose de devenir la chef des cuisines privées de l’Elysée. Un poste qu’elle ne peut évidemment refuser. Mais elle se rendra vite compte que tout le monde n’apprécie pas cette nomination. Du coup, son caractère bien trempé va vite faire des étincelles dans un monde où la simplicité n’est pas de mise, au contraire de ses menus.

Il est difficile de ressortir de Les Saveurs du Palais sans un grand appétit ouvert. Ce film est un très bel hommage à la cuisine, pas forcément la grande, mais la bonne, celle faite de bons produits, d’un rien d’imagination et de beaucoup de savoir faire. Les plats, les recettes défilent pendant une heure et demi et les yeux du spectateur brille d’envie. L’envie d’y goûter bien sûr, mais aussi l’envie de se mettre soit même à concocter d’aussi délicieux morceaux de gastronomie.

Mais la gastronomie n’est que le décor de Les Saveurs du Palais. Un magnifique décor certes, mais qui n’aurait pas justifier à lui seul un long métrage. Le vrai fil rouge de ce film reste le portrait de ce personnage au fort caractère et au bon sens provincial dans ce monde plein de conventions et surtout d’hypocrisie. Un tel sujet aurait pu facilement tomber dans le ramassis de clichés et dans les ficelles comiques grossières. Il n’en est rien, car le tout est traité avec une certaine finesse et une grande intelligence.

Les Saveurs du Palais reste un film léger, mais n’a rien d’une pure comédie. Ce n’est pas non plus un portrait au vitriol des coulisses du pouvoir. C’est au final une histoire presque anecdotique, mais qui en dit long sur notre culture. Un thème qui parle à notre imaginaire, bien au-delà de nos simples papilles. Du coup, on pardonne aisément le léger manque de consistance de ce scénario, raconté en flash-back, procédé qui ici semble avoir pour principal intérêt de donner à cette histoire une durée compatible avec un long métrage. Mais pourtant, jamais on ne s’ennuie.

lessaveursdupalaisEt la politique dans tout cela ? Elle ne constitue pas le cœur de Les Saveurs du Palais. Cependant, le mythe mitterrandien reste tout de même bien présent. L’aura de mystère qui l’a toujours entouré, la fascination qu’il a pu exercer se retrouvent ici, là encore traité sans lourdeur, mais avec beaucoup de déférence. Evidemment, voir ce personnage historique incarné par un homme qui aura passé une bonne partie de sa vie à le combattre. Mais cette idée saugrenue montre bien à quel point l’ancien patron du Figaro ressent un profond respect pour son ancien adversaire.

La star de ce film, niveau casting, n’est pas Jean d’Ormesson qui a cependant la bonne idée de ne pas chercher à imiter Miterrand. Les Saveurs du Palais met en lumière l’immense talent de Catherine Frot. Ceux qui ont été consternés par Associés Contre le Crime seront heureux de retrouver cette merveilleuse actrice au sommet de sa forme, n’ayant aucun soucis pour porter à elle seule le film sur ses épaules.

Les Saveurs du Palais est donc un film très plaisant, simple comme la bonne cuisine. Un film qui vous poussera dans la cuisine aussitôt sorti du cinéma.

Fiche technique :
Production : Armada Films, Vendôme production
Distribution : Wild Bunch distribution
Réalisation : Christian Vincent
Scénario : Christian Vincent, Etienne Comar
Montage : Monica Coleman
Photo : Laurent Dailland
Décors : Patrick Durand
Musique : Gabriel Yared
Durée : 95 mn

Casting :
Catherine Frot : Hortense
Jean d’Ormesson : Le Président
Hippolyte Girardot : David Azoulay
Arthur Dupont : Nicolas Bauvois
Arly Jover : Mary

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