LE JOUR DES CORNEILLES : Cocorico !

lejourdescorneillesafficheL’animation française s’est toujours démarquée par une certaine ambition et surtout un refus d’être cantonnée aux bonnes attentions sirupeuses à la Disney. Nos petites têtes blondes ont droit ainsi à autre chose que des gentils très gentils et des méchants très méchants. Le beau succès du dernier Kirikou montre que ce genre possède bien son public dans notre pays et ce grâce à ses qualités. Une nouvelle preuve est fournie par la très grande qualité de Le Jour des Corneilles, qui séduira petits (enfin pas trop quand même) et grands.

Une jeune garçon vit seul dans la forêt avec son père. Il ne peut en sortir sous peine de disparaître à jamais lui dit-on. Il mène une vie dure, sous les ordres de son géniteur qui lui prodigue plus d’ordres que d’affection, sans même parler de compliments. Ses seuls compagnons sont des personnages muets à tête d’animaux. Parmi eux, sa mère, auprès de laquelle il recherche souvent le réconfort. Un jour son père se blesse et se retrouve inconscient. Cherchant de l’aide auprès de ses amis, il se voit conseiller quelque chose qui lui semblait jusqu’à présent inconcevable : aller chercher de l’aide en dehors de la forêt.

Le Jour des Corneilles est un film très riche, que l’on peut rattacher à bien des références : Princesse Mononoke, le Village, Tu Seras Mon Fils… Bref un mélange de thématiques et d’idées pas forcément hyper originales, mais que l’on ne s’attendait pas forcément à voir associées, surtout dans un film d’animation. Si le ton a un côté enfantin, beaucoup de sujets abordés pourraient l’être dans des œuvres pour adultes. Ceci est tout à fait compréhensible quand on sait que le roman dont le film est tiré ne s’adresse pas spécialement aux enfants.

Le rapport père-fils, la mort, voilà des sujets que l’on ne voit que rarement chez Disney. Mais le Jour des Corneilles a la bonne idée de prendre les enfants pour des spectateurs comme les autres, capables de comprendre les choses de la vraie vie vraie. Certes, l’intrigue n’est pas spécialement complexe et certains personnages ont une psychologie guère subtile. Mais le tout possède quand même une épaisseur que pourrait lui envier bien des longs métrages pour adultes, tournés avec de vrais acteurs. Bref, ce film est familial, mais sans aucune connotation négative.

Le Jour des Corneilles mêlent donc avec beaucoup de bonheur le rire et les larmes. Il n’y a pas à proprement parler de gags, mais les possibilités offertes par l’animation sont utilisées pour insuffler de la fantaisie et de l’imagination. Les lois de la physique sont presque respectées, même si quelques bons entre les arbres ne seraient guère possibles dans le monde réel. Les aspects plus dramatiques ne traumatiseront pas outre mesure les plus sensibles de nos petites têtes blondes, mais procurent à cette histoire une vraie force et surtout un réel intérêt, même pour un public adulte.

lejourdescorneillesLe Jour des Corneilles se démarque aussi grâce à un graphisme vraiment superbe. Il allie une animation fluide (mais pas totalement parfaite) avec une vrai personnalité graphique. Cela n’a pas la froideur de l’image de synthèse. Il s’agit de vrais dessins d’artiste, ce qui donne une vrai chaleur à ce film d’animation qui n’est pas rétro, mais tout simplement beau. A ce niveau là, seul un Miyazaki peut rivaliser !

Le casting voix est très prestigieux avec un trio Jean Réno, Laurant Deutsch, Isabelle Carré qui s’acquitte de sa tâche avec application et talent. Mais la petite touche d’émotion vient de la présence du très regretté Claude Chabrol qui offre là peut-être sa dernière contribution au cinéma français.

Le Jour des Corneilles est sans doute le meilleur film d’animation de l’année. Et il vient de chez nous ! Cocorico !

Fiche technique :
Production : Finalement, Max films, Melusine Productions, Walking the dog, Folimage, Je Suis Bien Content, uFilm, Gebeka films
Distribution : Gebeka Films
Réalisation : Jean-Christophe dessaint
Scénario : Amandine Taffin, d’après l’oeuvre de Jean-François Beauchemin
Montage : Opportune Taffin
Décors : Pascal Gerard
Son : Loïc Prian, Damien Boitel
Musique : Simon Leclerc
Directeur artistique : Patrice Suau
Durée : 96 mn

Casting :
Jean Réno : le père Courge
Lorànt Deutsch : le fils Courge
Isabelle Carré : Manon
Claude Chabrol : le docteur
Bruno Poladylès : l infirmer, le vieux Ronce
Chantal Neuwirth : la vieille Ronce

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