END OF WATCH : Regard de flic

endofwatchafficheLes films policiers peuvent nous parler de deux choses. Soit ils se concentrent avant tout sur une enquête, la poursuite d’une meurtrier. Le spectateur se demande alors tout du long qui est le coupable ou bien comment va-t-il être démasqué. Soit ils se concentrent sur le métier de flic, sur son quotidien, les difficultés et les dangers rencontrés et la manière dont l’être humain sous l’uniforme arrive à gérer tout ça. End of Watch fait clairement partie de la deuxième catégorie, puisqu’il essaye même d’épouser la vison, au sens premier du terme, des policiers.

Taylor et Zavala sont deux jeunes officiers de police de Los Angeles qui forment un duo de choc efficace et quelque peu incontrôlable. Mais à force de faire le ménage dans la rue et de se croire invincibles, ils vont attirer les foudres d’un des plus puissants cartels. Au risque de détruire la vie qu’ils tentent tant bien que mal de construire à côté.

End of Watch est principalement filmé en caméra subjective. En effet, nos deux compères sont censés filmer tout ce qu’ils font, ce qui a le don d’énerver passablement leurs collègues et souvent ceux qu’ils interpellent. Le film nous montre le plus souvent ce que voit leur caméra. C’est un subterfuge pour nous faire vraiment épouser la vision des policiers. Mais les voir une bonne partie du film une mini caméra autour du cou, cela n’est pas franchement crédible et on se dit que David Ayer n’avait en fait pas besoin de trouver ce prétexte pour filmer de cette façon. Bon, cela ne gâche pas vraiment le film, mais cela lui donne parfois un petit côté artificiel, surtout quand le réalisateur étend ce même subterfuge aux truands. Bref, à Los Angeles, flics et truands se baladent caméra au poing. Pour un film qui veut nous faire partager le quotidien des flics de manière réaliste, cela chagrine un peu. Sans parler du fait que le style caméra au poing, c’est sympa cinq minutes, mais au bout de deux heures, cela donne parfois plutôt envie de vomir.

Voilà, j’ai fini de dire du mal de End of Watch, car contrairement à ce que peut faire penser le paragraphe précédent, j’ai vraiment aimé ce film. Déjà parce que les deux personnages principaux sont particulièrement réussis et on tombe tout de suite sous le charme. Ils sont sympas, impertinents et le film nous les présente comme des êtres humains, pas comme des super-héros. D’ailleurs, une grande partie du film se déroule dans les moments les plus anodins de leur vie, dans les vestiaires, pendant les moments creux de leur patrouille et aussi simplement en dehors du boulot. Mais c’est dans ces moments-là que les deux compères échangent sur leur vie et leurs sentiments.

endofwatchBien sûr, tout cela est entrecoupé de scènes d’action souvent brèves et percutantes. End of Watch joue beaucoup sur le contraste entre ces moments anodins qui doivent laisser place en quelques secondes aux plus grands dangers. Du coup, on est sur la brèche tout comme eux, nous demandant quand est-ce que la tranquillité va être brisée pour laisser place à une pure décharge d’adrénaline qui pourrait se finir entre quatre planches. C’est sûrement là, plus que dans la manière de filmer, que David Ayer arrive vraiment à être convaincant dans sa démarche. Mais globalement, il arrive à ses fins et on ressort de ce film en ayant l’impression d’avoir assisté à un film policier pas tout à fait comme les autres qui, de plus, propose un dénouement particulièrement réussi.

La très bonne surprise du casting vient de Jake Gyllenhaal. On savait déjà qu’il s’agissait d’un très bon acteur, mais trop souvent cantonné dans des rôles particulièrement lisses. Il est poussé ici dans ses retranchements, mais garde une parfaite maîtrise. A ses côtés, Michael Pena est lui aussi impeccable.

End of Watch est donc un film policier, sur les policiers, mais au point de vue quelque peu original. Point de vue dans tous les sens du terme !

Fiche technique :
Production : Exclusive Media, Crave Films, Jake Gyllenhaal
Distribution : Metropolitan Filmexport
Réalisation : David Ayer
Scénario : David Ayer
Montage : Dody Dorn
Photo : Roman Vasyanov
Musique : David S. Sardy
Durée : 108 mn

Casting :
Jake Gyllenhaal : Officier Taylor
Michael Peña : Officier Zavala
America Ferrera : Officier Orozco
Anna Kendrick : Janet
Natalie Martinez : Mme Zavala
Frank Grillo : Serge
Cody Horn : Officier Davis

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.