COMME DES FRERES : Le bon goût du déjà-vu

commedesfreresafficheIl y a des histoires que le cinéma a raconté des centaines de fois. Souvent, ça sent le réchauffé, le manque d’inspiration, les émotions faciles parce que trop éculées. Mais ces recettes simples et cuisinées à l’infini gardent aussi parfois toute leur saveur malgré tout. On se dit qu’on aurait aimé goûter à autre chose, mais on apprécie tout de même ce qui est devant nous. Pour lui-même et pour ce qu’il nous rappelle. C’est exactement l’impression que m’a inspirée Comme des Frères.

Charlie vient de mourir. Ses trois meilleurs amis se retrouvent à son enterrement. Ils ne s’apprécient guère, plus ou moins jaloux les uns des autres et surtout très différents. Mais ils lui avaient fait la promesse de partir avec elle pour se rendre dans la maison qu’elle a achetée en Corse. Ils décident de la tenir et de partir sur le champ. Mais la cohabitation va s’avérer plus difficile que prévue.

Trois personnages qui ne s’aiment pas trop, obligés de cohabiter, qui vont apprendre à ce connaître pour finalement devenir amis, voilà une idée déjà vue mille fois. Si ce n’est plus ! D’ailleurs, j’avoue avoir été voir Comme des Frères sans aucun enthousiasme, surtout parce que les horaires collaient et que les critique étaient quand même globalement positives. Mais je savais exactement ce que j’allais voir et c’est exactement ce que j’ai eu.

Cependant, Comme des Frères fonctionne juste assez pour que l’on oublie cette impression de déjà-vu et finalement succomber au charme des personnages. Eux aussi semblent des archétypes, ne sont jamais surprenants, voire même ont des réactions et répondent à une psychologie franchement attendues. Mais qu’importe, on finit par les trouver sympathiques, peut-être parce qu’on va forcément s’identifier à au moins un de ces trois personnages que tout semble séparer. C’est une histoire qui nous parle, nous renvoie à nos propres sentiments du quotidien, alors on se laisse embarquer pour un voyage agréable avec eux.

La seule chose qui permet à Comme des Frères de se démarquer quelque peu, c’est ce mélange constant entre rire et émotion. Il nous offre de vrais éclats de rire, avec quelques gags premiers degré et un comique de situation plus subtil quasi constant. Mais il peut aussi tirer quelques larmes de temps à autres, lors de petits moments plus tristes. Bien sûr, voir mourir une jeune fille aussi jeune constitue une source d’émotion quand même assez facile, mais elle est exploitée avec une certaine finesse. Hugo Gélin a fait preuve d’une grande intelligence en distillant comme ça les passages nostalgiques, évitant de tout concentrer dans un moment de pathos pur qui aurai considérablement alourdi le film.

commedesfreresLa réalisation d’Hugo Gélin est sobre et totalement au service de son histoire et des acteurs. Mais elle n’est pas totalement dénuée d’une certaine élégance. Il brille surtout par le rythme qu’il arrive à mettre dans Comme des Frères. Si le film a un air de déjà-vu, il n’est en rien poussif, ce qui fait que l’on passe au final quand même un très bon moment. Il sait donc raconter des histoires, les mettre en scène. Espérons que son deuxième film bénéficiera d’un scénario plus surprenant.

Le trio d’acteurs principaux fonctionne lui aussi plutôt bien. La révélation de ce film est incontestablement Pierre Niney, sociétaire de la Comédie Française, et qui fait là une arrivée remarquée sur grand écran. Quant aux performances de François-Xavier Demaison, Nicolas Duvauchelle et Mélanie Thierry, elles sont à l’image de Comme des Frères : réussies, convaincante, mais sans surprise.

Comme des Frères fait passer incontestablement un bon moment au spectateur grâce à des qualités qui nous font oublier que l’on a déjà vu ce film un grand nombre de fois depuis que le cinéma est cinéma.

Fiche technique :
Production : Stone Angels, Zazi Films, Cofinova 8
Distribution : Stone Angels
Réalisation : Hugo Gélin
Scénario : Hugo gélin, Romain Protat, Hervé Mimran
Montage : Grégoire Sivan
Photo : Nicolas Massart
Décors : Samantha Gorgowski
Musique : Ambroise Willaume
Costumes : Isabelle Mathieu
Durée : 104 mn

Casting :
François-Xavier Demaison : Boris
Nicolas Duvauchelle : Elie
Pierre Niney : Maxime
Mélanie Thierry : Charlie
Florence Thomassin : Line
Cécile Cassel : Jeanne
Mohceline Presle : Grand mère
Philippe Laudenbach : Grand père

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