LES BETES DU SUD SAUVAGE : Poésie sudiste et sauvage

lesbetesdusudsauvageafficheSuite des films que je n’avais pas du tout l’intention de voir à la base, avant de me laisser tenter suite à de nombreux avis élogieux, voici les Bêtes du Sud Sauvage. Un film, ou plutôt un conte, à l’histoire particulièrement originale et inattendue. Une œuvre rafraîchissante pour passer ces fêtes de fin d’année devant un spectacle de qualité.

Hushpuppy a six ans et vit avec son père dans une communauté isolée et un rien sauvage du sud des Etats-Unis. Un groupe qui refuse de quitter leurs terres menacées par la montée des eaux et le changement climatique. Mais les problèmes de santé de son père et une terrible tempête qui s’annonce va venir perturber le quotidien de la petite fille et de tous ses compagnons.

Les Bêtes du Sud Sauvage est un film dont il est difficile de parler tant il ne ressemble à rien de déjà connu. C’est un film d’ambiance, de personnages, bien plus qu’une intrigue forte. Il nous enchante par sa poésie surprenante et un charme indéfinissable. Tout cela porte une réflexion sur la modernité, sur une certaine forme d’écologie ou de retour à la nature. Cependant, le message ne nous ai pas délivré sans subtilité, du genre « la technologie, c’est mal, vivons dans les grottes, nous serons bien plus heureux ». Non, c’est à chacun de tirer de ce film qu’il voudra, à partir de ce qui le touchera plus particulièrement.

Si Les Bêtes du Sud Sauvage fonctionne, c’est avant tout parce qu’on ne peut que s’attacher de manière profonde et immédiate à la jeune Hushpuppy. Quelle personnalité, quelle présence à l’écran ! Comme le film est quand même quasiment exclusivement bâti autour de son personnage, qui est aussi la narratrice, cela était de toute façon indispensable. Mais elle fait incontestablement partie des personnages que l’on oublie pas et qui marque profondément. Qu’importe son jeune âge !

Si j’ai souligné l’absence d’une intrigue forte, il ne faut pas croire pour autant qu’il ne se passe rien dans Les Bêtes du Sud Sauvage. Des péripéties, des rebondissements nous préservent de l’ennui. On est dans un récit style « chroniques », mais qui n’a rien de contemplatif. Du coup, on traverse vraiment le film en se demandant où tout cela va bien pouvoir nous mener. Cela aboutira d’ailleurs à une très belle fin et à beaucoup d’émotion.

Si j’ai parlé de conte, c’est que les Bêtes du Sud Sauvage nous fait partager la vision du monde de Hushpuppy. Un monde où la magie et l’imaginaire ne sont pas absents, même si au final les évènements se situent tous dans un monde parfaitement réel et plausible… A une métaphore près, une histoire d’aurochs que je ne détaillerai pas ici. Mais cette vision enchantée du monde est particulièrement communicative et contribue largement au charme dévastateur de ce film.

lesbetesdusudsauvageUn dernier élément rendant les Bêtes du Sud Sauvage si envoûtant est la réalisation sobre de Benh Zeitlin. Elle arrive parfaitement à retranscrire ce mélange entre rêve et réalité. Une ambiance visuelle aussi particulière que l’est le film tout entier. Elle fait vraiment partie de l’identité si particulière de ce film définitivement surprenant et fascinant.

Les Bêtes du Sud Sauvag marque la révélation du talent de la très jeune Quvenzhané Wallis. Certes, il faut toujours se méfier des enfants-acteurs car rien ne permet d’être certain que le talent perdurera. Alors profitons simplement de son incroyable charisme qui participe fortement à la réussite de ce film inattendu.

Les Bêtes Sud Sauvage constitue un des plus beaux OVNI cinématographiques de cette année 2012 qui se termine. Qui se termine du coup en beauté.

Fiche technique :
Production : Cinereach, Court 13 Pictures, Journeyman Pictures
Réalisation : Benh Zeitlin
Scénario : Benh Zeitlin, Lucy Alibar
Montage : Crockett Doob, Alfonso Gonçalves
Photo : Ben Richardson
Décors : Annie Evelyn, Erin Straub
Distribution : ARP Selection
Musique : Dan Romer, Benh Zeitlin
Costumes: Stephani Lewis
Durée : 92 mn

Casting :
Quvenzhané Wallis : Hushpuppy
Dwight Henry : Wink
Joseph Brown : Winston
Jonshel Alexander : Joy Strong
Marilyn Barbarin : la chanteuse de cabaret

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