BATMAN : Pas une ride pour le Joker

batmanafficheLes films sont comme nous… Ils vieillissent… Certes, ils ne font pas comme moi et ne perdent pas progressivement leurs cheveux, mais parfois les revoir avec quelques années de recul nous fait dire qu’ils portent sur leurs pellicules quand même un peu le poids des années. Ca a été mon cas il y a quelques temps en revoyant Ghostbusters. Ca l’a été de nouveau la semaine dernière en revoyant le premier Batman de Tim Burton… Mais cet aspect vintage nous empêche-t-il de les aimer toujours autant ? Certainement pas !

Les malfrats de Gotham City ne parlent plus que de lui. Un journaliste enquête et la police se refuse à tout commentaire. Une chauve-souris rôde dans les rues de cette ville gangrénée par la violence. Et c’est une bonne nouvelle car la pègre possède désormais un nouveau leader aussi dangereux que fou… Le Joker !

On se souvient qu’à l’époque (soit 1989), Tim Burton avait su séduire le monde avec sa vison gothique et sombre de Gotham City. Avec le recul et à l’heure des effets numériques qui n’ont même plus l’air d’être des effets, il faut bien avouer que tout cela fait un peu carton-pâte. Les maquettes ressemblent vraiment à des maquettes, même sur ma petite télé. Je ne voudrais même pas imaginer sur grand écran… Bref, c’est vrai que je ne m’attendais pas à un tel choc des générations visuel et cela m’a un peu chagriné… au moins cinq minutes…

En effet, ce Batman aurait plutôt du s’appeler le Joker. Comme 20 ans plus tard, The Dark Knight me direz-vous. Comme tous les films du genre, j’ai envie de dire. Un bon super-héros, c’est avant tout un bon méchant. Et à ce niveau-là, l’homme chauve-souris a été particulièrement bien servi. Les cinéphiles éclairés pourront débattre encore pendant des décennies pour savoir qui de Jack Nicholson ou de Heath Ledger est le meilleur Joker. Bien sûr, il n’y aura jamais de réponse définitive, tant les deux sont différents, mais tout aussi géniaux.

Il est vrai que le scénario de Batman est un peu léger. D’ailleurs, à sa sortie, beaucoup de critiques furent extrêmement négatives, insistant sur ce point. Mais ce film est comme un classique du western. Qu’importe le reste, seul compte vraiment le duel final entre le gentil et le méchant. Le combat final au cœur de la cathédrale de Gotham City reste un grand moment de cinéma, dans ce décor plus exigu qui souffre moins des limites techniques dont souffre le film par ailleurs.

batmanEnfin, Batman reste légendaire parce qu’il reste un film de Tim Burton, un cinéaste à l’immense talent. La photographie reste sublime, même quand elle ne sert qu’à mettre en valeur des maquettes d’un autre âge. Et puis, il y a évidemment la musique de Danny Elfman, sans qui le cinéma de Tim Burton ne serait pas ce qu’il est. Le compositeur aura d’ailleurs su comme personne donner ses lettres de noblesse aux films de super-héros puisqu’il signera également la sublime bande-originale du non moins sublime Spider-man de Sam Raimi.

Batman, je l’ai dit, c’est presque Jack Nicholson et rien d’autre. Cependant, je tiens à saluer Michael Keaton dont le jeu totalement inexpressif lui vaudra bien des moqueries. Mais cette inexpressivité colle tellement au personnage qu’elle en est parfaite. Certes, pas sûr que l’acteur aurait pu faire autre chose, mais qu’importe, il est l’homme de la situation !

Le Batman de Tim Burton qui est un vrai chef d’œuvre reste avant tout le deuxième épisode, Batman le Défi. Mais on gardera toujours une tendresse particulière pour le premier volet qui reste le film qui aura inventé le film de super-héros moderne.

Fiche technique :
Réalisation : Tim Burton
Scénario : Sam Hamm et Warren Skaaren, d’après une histoire de Sam Hamm et d’après les personnages créés par Bob Kane
Musique : Danny Elfman
Musiques additionnelles : Prince
Directeur de la photographie : Roger Pratt
Montage : Ray Lovejoy
Chef décorateur : Anton Furst
Effets spéciaux : John Evans
Costumes : Linda Henrikson, Bob Ringwood et Tony Dunsterville
Durée : 126 minutes

Casting :
Michael Keaton : Bruce Wayne / Batman
Jack Nicholson : Jack Napier / Le Joker
Kim Basinger : Vicki Vale
Robert Wuhl : Alexandre Knox
Michael Gough : Alfred Pennyworth
Pat Hingle : James Gordon
Billy Dee Williams : Harvey Dent
Lee Wallace : Le maire Joe Borg
Jack Palance : Carl Grissom
Jerry Hall : Alicia Hunt
Tracey Walter : Robert « Bob » Hawkins, le bras droit du Joker
William Hootkins : Lieutenant Max Eckhardt

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