RETOUR VERS LE PASSE… 2007 ? 2002 ?

Après Alain Juppé, voici Bernadette Chirac qui prend la parole dans la presse pour appeler de ses vœux la candidature de Nicolas Sarkozy en 2017. Hasard ou bien manœuvre souterraine pour préparer son retour ? On le sait en politique, il est fréquent de lancer des idées l’air de rien, histoire de tester la température de l’opinion, avant éventuellement de passer aux choses sérieuses. On peut donc vraiment se demander si l’ancien chef de l’Etat n’a pas fait comprendre à certains qu’il serait bon qu’ils s’expriment sur le sujet.

Les sondages qui ont suivi ont montré que l’opinion n’est pas vraiment enthousiaste à cette idée. Mais la route est longue jusqu’en 2017 et le spectacle affligeant donné par le couple Fillon-Copé peut lui faire espérer que la concurrence sera trop faible pour s’opposer à une réelle volonté de retour. L’élection de Nicolas Sarkozy dans 4 ans tient encore de la politique fiction, mais pas non plus de la science-fiction.

On peut cependant s’inquiéter d’un tel scénario. Déjà, il en dirait long sur l’incapacité de notre pays à renouveler son élite politique. Quand on est au pouvoir en France, on l’est souvent pour longtemps et qu’importe votre bilan et vos erreurs passées, vous trouverez toujours des électeurs à la mémoire courte pour voter pour vous. Mais ce phénomène n’est pas nouveau et existera indépendamment de la candidature de Nicolas Sarkozy.

En fait, tout dépendra de la situation économico-sociale de notre pays en 2017. Soit le bilan de François Hollande s’avère finalement positif, ce qui n’est pas gagné avouons-le, et dans ce cas-là le Président actuel aura l’image de celui qui aura redressé la situation laissée par son prédécesseur. On voit mal alors les électeurs voter pour ce dernier, qui, à mon sens, ne se présenterait de toute façon pas dans ce cas de figure. Soit, la situation ne s’est pas améliorée significativement et la grogne sociale sera plus forte que jamais. Nous aurons alors une élection qui opposera les deux hommes qui seront considérés par l’opinion comme les deux principaux responsables de la situation. On imagine alors facilement qu’un troisième homme saura profiter de la situation.

Ce dernier peut s’appeler François Bayrou… non, je rigole…, Jean-Luc Mélenchon, même si je n’y crois guère, mais plus certainement Marine Le Pen. Même en dehors d’une éventuelle candidature de Nicolas Sarkozy, on sait que chaque jour supplémentaire où la crise s’éternise lui fait gagner de nouveaux suffrages. Mais lui opposer les deux derniers Présidents reviendrait à lui dérouler le tapis rouge vers le deuxième tour.

Cela montre l’étendue de la responsabilité à laquelle fait face le gouvernement et François Hollande. Déjà parce que notre pays va mal, mais aussi parce que, pour l’instant, aucun alternative acceptable ne semble émerger dans le camps d’en face. L’échec est donc définitivement interdit…

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