UN SEISME QUI NE SECOUE PAS GRAND MONDE

budgeteuropeenHier a eu lieu un événement d’une portée considérable, un vrai séisme… Non, je ne parle pas de l’élection d’un pape sud-américain, dont on a abondamment parlé (et qui constitue tout de même un événement un peu plus remarquable que le fait qu’il neige parfois en hiver, admettons-le). Je parle du rejet, à une quasi unanimité par le parlement européen du projet de budget de l’Union. Imaginez en France si droite et gauche confondues votaient d’une seule voix contre un budget proposé par le gouvernement. On serait alors dans la situation d’une crise majeure dont tous les journaux feraient leur une et qui animerait toutes les conversations dans notre beau pays.

Mais voilà, l’Union Européenne organise bien des élections, mais ne constitue pas un espace politique et démocratique, au moins dans l’esprit de nos concitoyens. L’Union Européenne a bien un budget, mais d’un montant anecdotique. L’Union Européenne a une monnaie, mais pas de gouvernance économique. Bref, on n’a pas à chercher bien loin les raisons profondes de cette indifférence. Surtout que cet épisode n’est qu’un énième rebondissement d’un feuilleton qui a mis en lumière depuis 2008 les graves problèmes de fonctionnement des institutions européennes, feuilleton qui commence sérieusement à lasser, surtout qu’il n’est pas toujours très aisé d’en comprendre les subtilités.

Les élections européennes de l’année prochaine pourraient bien tourner au désastre. Tout le monde prédit une abstention qui atteindra de nouveaux sommets et surtout une arrivée massive de députés franchement opposés à la construction européenne. Or, le vote d’hier montre bien que le Parlement Européen est le dernier endroit où cette notion semble réellement intéresser des décideurs politiques, à l’inverse de la défense des égoïsmes nationaux pratiquée par les différents chefs d’état européens. Si demain, il ne joue plus ce rôle, on peut être très inquiet sur l’avenir de la construction européenne, pourtant plus que jamais nécessaire.

Je resterai cependant optimiste. Pas forcément pour 2014, mais à plus long terme. Il ne faut pas que la conjoncture nous empêche d’avoir du recul sur un phénomène qui est à l’œuvre depuis plus d’un demi-siècle. La crise que nous traversons est à la fois économique et politique (mais l’un peut-il aller sans l’autre?) et il est quelque part logique que l’Union Européenne et ses institutions y soient plongée. Certains y voit le problème, d’autres la solution. Elles sont pourtant ni l’un, ni l’autre. Elles sont un outil dont l’efficacité dépend de la manière dont l’utilise. Elles sont un chemin que l’on peut toujours tracer en direction du mur plutôt que de la sortie. Mais elles sont à une échelle qui nous permettra d’exister dans un monde plus que jamais ouvert et qui n’a pas grande pitié pour les petits et les insignifiants.

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