LE CHOIX DES MOTS

barcelonepsgSi le football déchaîne autant les passions, jusqu’à l’absurde parfois, c’est avant tout parce qu’il est capable de faire naître des sentiments parfois totalement contradictoires en l’espace de 90 minutes. Quelle meilleure illustration que ce match de mercredi qui reste impossible à résumer en un seul mot.

On pourrait commencer par le mot tristesse. A moins de lui préférer le terme de cruauté. Une défaite, aussi valeureuse qu’elle soit, provoque forcément des sentiments négatifs. Surtout quand la victoire a été si proche. On le sait bien, la quatrième place est la pire aux Jeux Olympiques, pas la cinquième, ni la sixième. Etre éliminé sans avoir perdu se situe dans le même registre, car on ressort du combat sans la sensation profonde d’avoir été inférieur à son adversaire (même si pour le coup… j’y reviendrai). C’est d’autant plus dur à accepter, cela laisse un goût d’autant plus amer dans la bouche, car les regrets sont énormes. C’était possible, mais on n’y est pas arrivé. Voilà qui ressemble à la définition d’un échec…

… mais ce n’est certainement pas le mot qui convient pour parler de ce match. Le supporters parisiens parleront au contraire de fierté. Voir son club à ce niveau, revivre des émotions dont on avait été privées depuis une quinzaine d’année, voilà qui donne de la joie et du bonheur. Ce PSG aux moyens disproportionnés est condamné à gagner, voire même à séduire. Mercredi soir, les moqueries se sont tues, pour laisser place au respect et à l’admiration, bien au-delà du cercle des supporters. Beaucoup d’argent a été dépensé, mais si c’est pour offrir des matchs de ce niveau et un tel déluge d’émotions, on se dit que ça valait peut-être le coup.

Il y a un mot qui n’a pas sa place par contre, c’est celui d’injustice. Les plus forts se sont qualifiés, c’est incontestable. Le PSG a fait jeu égal, mais avec, admettons-le, les circonstances pour lui (but hors-jeu, blessure de Messi…). Il a joué à bloc quand le Barça a toujours semblé en avoir encore sous la semelle. Mais au final, le mot qui va rester est sans doute celui choisi par l’Equipe le lendemain du match : « prometteur ». Car après un tel match, on n’a plus qu’une seule envie, celle d’être déjà l’année prochaine pour revivre de tels moments et cette fois avec encore plus d’espoir.

Espoir, en voilà encore un joli mot…

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