L’EUROPE (DU FOOTBALL) EST ALLEMANDE

bayernJe ne crois pas faire injure au FC Barcelone en commençant à rédiger cet article alors qu’il reste encore un quart d’heure à jouer. Je doute fort qu’il puisse dans ce laps de temps marquer 7… ah bah non 8 buts… Bref, la finale de la Ligue des Champions sera 100% allemande, ce qui constitue une surprise inattendue… bien que toutes les circonstances étaient réunies pour arriver à un tel dénouement.

Evidemment, la domination de l’Allemagne sur l’Europe du football va donner lieu à de multiples parallèles avec la débats qui animent actuellement les sphères politico-économiques. On pourrait facilement avancer qu’il n’y a pas de rapport entre les deux, mais ce n’est pas si sûr. La réussite du Bayern et de Dortmund ne sort pas de nul part et certainement pas d’un coût du travail ou d’une fiscalité particulièrement avantageux. Sans vouloir me lancer dans une analyse approfondie des raisons de la compétitivité allemande, je fais tout même partie de ceux fermement convaincus qu’elle vient avant tout d’une meilleure compétitivité hors-coût.

La mode est à comparer la France et l’Allemagne en économie. Plions-nous à l’exercice concernant le football. En 1998, la France a organisé une Coupe du Monde. Elle en a profité pour effectuer une modernisation a minima de ses stades. 8 ans plus tard, la même compétition Outre-Rhin s’est déroulée dans une série de stades profondément rénovés, merveilleux outils de travail pour des clubs qui en profitent depuis pleinement. A tel point que notre pays a cherché à tout prix à organiser l’Euro 2016 pour faire de même. Le problème est que la crise est passée par là et l’argent public manque désormais cruellement dans notre pays et l’écart entre les deux pays sera loin d’être totalement comblé. Bref, on a laissé passer le train et on est là à courir derrière…

Mais si les stades sont pleins en Allemagne, ce n’est pas uniquement parce qu’ils sont confortables. C’est aussi parce qu’on a la garantie d’y assister à un spectacle… spectaculaire. Années après années, la Ligue 1 reste le grand championnat européen où l’on marque le moins de buts, quand la Bundesliga remporte quasiment toujours ce classement. Cela n’a rien à avoir avec la faiblesse techniques de nos attaquants (c’était déjà le cas avant l’arrêt Bosman), ni la supériorité supposée de nos gardiens, mais c’est simplement une question de mentalité. Pour faire un bon match, il faut être deux et vu le nombre d’entraîneurs de notre pays qui ne payent visiblement jamais leur place pour voir jouer leur propre équipe, on n’est que trop rarement incité à se déplacer en masse vers les stades de Ligue 1.

Les clubs français sont particulièrement efficaces quand il s’agit de hurler contre la fiscalité ou la baisse des droits télé. Mais ils devraient déjà se donner les moyens de remplir leurs stades, moyen le plus sain pour augmenter leurs recettes, avant de chercher des excuses à l’extérieur. Peut-être alors, nous aurons une chance de voir une finale de Ligue des Champions franco-française… Mais on sait déjà que ça ne sera pas demain la veille.

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