LE MEDEF, UNE ENERGIE POUR HIER

medefSi la mode est à accabler la classe politique de tous les maux, d’autres acteurs de la société devraient peut-être s’interroger sur leurs propres responsabilités avant d’émettre la moindre critique. On peut bien sûr déjà parler des électeurs eux-mêmes, qu’il est très politiquement incorrect de critiquer, mais qui nous ont livré une nouvelle preuve il y a deux semaines dans les Yvelines de leur capacité à voter en masse pour un édile corrompu, tout en criant « tous pourris ». Mais le MEDEF nous a livré un exemple encore plus édifiant, en refusant dans un premier temps de signer le document de conclusion du débat sur la transition énergétique. Certes, face à la consternation générale et après quelques amendements, la principale organisation patronale a finalement donné son accord, mais cela reflète bien le manque de vision qui préside à la gestion de nos grandes entreprises.

Peut-être que je garde une certaine aigreur de ma longue période de chômage à la fin de mes études, mais je ne crois pas me tromper en comparant nos grandes entreprises à une gérontocratie, hyper hiérarchisée où réseau et pédigrée sont plus importants que le talent ou l’imagination. La France est connue pour être le pays où le diplôme joue le plus grand rôle et ce tout au long de la carrière. Mais même avec le bon sésame, vous devrez patienter longtemps avant d’accéder à de vraies responsabilités. Si beaucoup de jeunes diplômés de haut niveau s’expatrient à la fin de leurs études, ce n’est pas pour payer moins d’impôts ailleurs, comme le voudraient certains, mais parce qu’il n’y a qu’à l’étranger qu’ils trouveront un job à la hauteur de leurs qualités et de leurs ambitions.

Il y a là quelques points de croissance qui s’évanouissent dans la nature, bien plus en tout cas que notre fiscalité soit-disant confiscatoire. Le MEDEF reproche à l’Etat les maux qui rongent nos grandes entreprises qui peuvent souvent se muer en monstres technocratiques. Tout en appelant ce même Etat au secours à la première occasion. Mais son attitude face à la transition énergétique montre bien qu’elle est incapable de vraiment inventer le monde de demain. Après avoir totalement raté la révolution numérique, nos grandes entreprises vont-elles raté la transition énergétique ? Vont- elles encore une fois imaginer que le monde sera comme elles le souhaitent, même si toutes les tendances semblent indiquer le contraire ?

Tout cela me rappelle les débats que j’ai pu avoir avec mon Maire concernant la construction de logements. Il ne s’agit pas de savoir les efforts qu’on est prêt à faire, il s’agit de répondre à un besoin quantifié qui engendre une urgence. Même si cela engendre des évolutions qu’on voudrait éviter dans l’absolu, on n’a pas le choix, il faut les accepter. C’est la même chose avec la lutte contre le changement climatique. Il est temps de comprendre que nous ne sommes pas devant un choix, mais devant une obligation. Mais visiblement, encore une fois, le MEDEF a préféré le déni.

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