
Par contre, Visa pour Shanghai nous plonge une nouvelle fois au cœur de la société chinoise, de son système politique avec son lot d’absurdités et d’hypocrisie. Qui Xiaolong, émigré aux Etats-Unis, décrit son pays d’origine avec beaucoup de recul, avec une certaine tendresse et un réel humour, en évitant à la fois le discours militant et dénonciateur et la moindre justification de ses multiples travers. Au final, une vision passionnante et particulièrement accessible, car toujours amenée par le biais de l’intrigue et non de manière documentaire.
On peut éventuellement regretter que Visa pour Shanghai n’exploite pas un peu mieux le contraste entre les visions des deux principaux protagonistes. Ou plutôt fasse le choix d’au contraire nous montrer que ces mondes ne sont pas si différents que ça. Du coup, on réchappe à tous les clichés auxquels on aurait pu s’attendre. On y perd peut-être en humour, mais on y gagne clairement en réalisme et en originalité.