
Gravity vous permet de vous envoyer en l’air. Et ce dès les premières secondes. Rarement un film ne vous aura emmené si loin en quelques secondes. Vous ne contemplez pas simplement l’espace, vous y êtes ! C’est incroyablement immersif, même quand vous vous y attendez à force de lire des critiques dithyrambiques. De toute façon, après quelques instants, vous ne penserez plus à rien qu’à la beauté des images, totalement transporté, dépaysé, bouleversé par ce fascinant et intense voyage.
Mais Gravity n’est évidemment pas que beau, sinon le souffle retomberait vite. Si l’histoire est au fond assez classique, elle est assez rythmée (le film a la bonne idée d’être court) pour créer une tension très forte et constante qui ne relâche pas une seule seconde son étreinte sur le spectateur. Alfonso Cuaron est arrivé à insuffler un vrai souffle épique sur son film, ne s’accordant qu’un seul moment un petit peu faible. C’est sans doute le seul moment où le film oublie d’être simplement génial, mais c’est aussi une façon de mieux repartir de plus belle.

Cependant, il est indéniable que la plus grande star de Gravity est de loin le décor. Il nous offre des séquences comme on en a rarement vues, de celles qui font les grands classiques inoubliables. La scène qui voit la destruction de la Station Spatiale Internationale est proprement ahurissante, sublime, incroyablement intense. On est au-delà de la maîtrise, on est dans la composition la plus totale, mais une composition tellement criante de vérité, dotée d’une telle profondeur qu’elle happe le spectateur pour ne le relâcher qu’au générique de fin.
Gravity restera comme le film hollywoodien de l’année 2013… et sûrement un des plus marquants de la décennie. Un moment cinématographique rare où tout concorde pour nous offrir un chef d’œuvre.
LA NOTE : 17,5/20