LA VENUS A LA FOURRURE : Fourrure fatale

lavenusalafourrureafficheLe moins que l’on puisse dire, c’est que j’aurais fait preuve d’abnégation pour finir par voir la Vénus à la Fourrure, puisque du fait de sa disparition quasi totale des écrans, j’ai du me rendre dans un cinéma n’acceptant pas la carte UGC. J’ai payé pour aller au ciné… Voilà quelque chose que je n’aurais vraiment pas fait souvent depuis un peu plus plus d’une décennie… (en dehors de ma parenthèse provinciale). Mais je ne voulais pas passer à côté d’un film de Roman Polanski, aux critiques plutôt élogieuses, même si visiblement le public l’a un peu boudé. Et au final, je ne regrette pas !

 La Venus à la Fourrure n’échappe pas aux limites des pièces de théâtre adaptées au cinéma. On est là face à du théâtre filmé et ça se voit. Cependant, Roman Polanski est tout de même arrivé à mettre son décor parfaitement en valeur, à multiplier les angles de prises de vues pour ne pas donner la sensation d’acteurs enfermés dans un espace confiné, au contraire de Carnage, sa précédente expérience de ce type. On peut donc apprécier pleinement le contenu et le jeu des acteurs.

lavenusalafourrureLe contenu se distingue de deux façons. Déjà, la Vénus à la Fourrure est drôle, parfois vraiment drôle. Il exploite la palette complète de l’humour toujours avec le même bonheur et avec de densité pour que l’on s’attarde pas sur les moments qui nous font moins rire. Ensuite, si le propos n’est pas d’une profondeur abyssale, au moins nous mène-t-il vers une direction inattendue. L’évolution du personnage féminin constitue un fil rouge narratif aux virages parfois serrés et qu’on ne voit venir qu’au tout dernier moment.

Enfin, la Vénus à la Fourrure est l’occasion de se rappeler à quel point Mathieu Almaric est un acteur génial. Mais cela, on le savait déjà, mais il y a des vérités dont on ne se lasse pas. Mais Emmanuelle Seigner lui donne merveilleusement bien la réplique, prouvant qu’elle n’est pas que parce qu’elle a épousé le réalisateur. Certes, elle n’est pas toujours convaincante dans les premières minutes, quand elle joue les filles vulgaires, mais croyez-moi, elle se rattrape sur la fin, au point de finir par voler la vedette de son homologue masculin.

En tout cas, la Vénus à la Fourrure aurait mérité un autre succès au cinéma.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : Robert Benmussa, Alain Sarde
Réalisation : Roman Polanski
Scénario : Roman Polanski, David Ives, D’après la pièce de David Ives, Venus in Fur
Montage : Margot Meynier, Hervé de Luze
Photo : Pawel Edelman
Décors : Jean Rabasse
Distribution : Mars distribution
Son : Lucien Balibar
Musique : Alexandre Desplat
Durée : 95 mn
 
Casting :
Emmanuelle Seigner : Vanda
Mathieu Amalric : Thomas

 

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