L’ORDRE ET LE CHAOS

psgchampionL’ordre règne sur la planète football. Le Paris-Saint-Germain est champion de France comme prévu et le Real Madrid est champion d’Europe pour la 10ème fois. Le titre de champion d’Espagne remporté par l’Atletico ne s’apparente qu’un épiphénomène, qui nous laisse croire qu’il est encore possible à David de terrasser Goliath, mais il n’en est rien. La Juventus de Turin et le Bayern ont écrasé comme jamais la compétition en Italie et en Allemagne et Manchester City a fait finalement triompher lui aussi ses pétro-dollars en Angleterre. Le foot business règne en maître et ce n’est pas le fair-play financier qui semble susceptible de changer quoique ce soit, David Luiz peut en témoigner.

Face à ce triomphe de la logique, il faut bien que les commentateurs trouvent des choses à dire. Car dire toutes les semaines que telle ou telle équipe est tout simplement plus forte que les autres devient vite lassant quand on veut passer pour un analyste subtil et pertinent. Alors on fait la fine bouche, on guette le moindre signe de faiblesse pour en tirer des conclusions définitives sur le talent réel de tel joueur ou de tel entraîneur, qui passé d’une semaine à l’autre du statut de génie absolu à celui d’escroc surcoté.

Ah si Demba Ba avait tiré au-dessus ! Ah si Monsieur Kuipers n’avait accordé que trois minutes d’arrêts de jeu ! Alors tous les commentaires, toutes les analyses auraient été radicalement différentes. Et pourtant, les faits sur lesquels ils auraient reposé n’auraient été que très marginalement changés. Le football est le sport où l’aléatoire, le hasard et la chance jouent le plus grand rôle. Mais voilà quelque chose d’insupportable pour l’esprit humain qui s’efforce toujours de mettre de l’ordre et du déterminisme dans le chaos. Encore plus quand il s’agit de justifier un salaire de journaliste ou de consultants…

Cependant, il serait injuste de jeter la pierre à qui que ce soit. Car c’est l’apanage de tous passionnés de football de participer pendant des heures à ces conversations futiles. Cela fait même partie intégrante du plaisir que l’on a à aimer si intensément ce sport ! Alors assumons et continuons à écrire des thèses à chaque fois que le PSG a le malheur de perdre un match tous les quatre mois ! C’est intellectuellement ridicule, mais le ridicule ne tue pas. Il fait même parfois un peu de bien dans un monde où il y a tant de raisons d’être sérieux et graves !

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