MOMMY : Tabarnak, quel film !

mommyafficheLe jury du dernier festival de Cannes s’est clairement trompé de Palme d’Or. Je n’ai rien contre Winter Sleep, mais contrairement à ses deux prédécesseurs, il ne figurera pas au sommet de mon palmarès de l’année. Oui, j’aime faire comme si j’étais devenu une vraie référence dans le monde de la critique cinématographique. Par contre, il n’est pas dit que Mommy ne remporte pas cette distinction prestigieuse. Ok, peut-être un peu moins prestigieuse que le Grand Prix du Jury qui lui a été décerné cette année, ce qui prouve tout de même que, quoi qu’on en dise, y a quand même des putains de films chaque année sur la Croisette.

Pourtant, j’ai quasiment détesté Mommy pendant près d’une bonne heure. Enfin disons que j’avais envie que le film s’arrête, tant les personnages me mettaient mal à l’aise. Mais c’était la preuve que quelque chose de fort se passait, que ce film me prenait aux tripes dès les premières secondes. Peu à peu, on apprend à les aimer malgré tout. Et le tout en question est très loin d’être négligeable. Le malaise laisse place à l’émotion, en gardant la même force jusqu’à un final qui vous laissera quelque peu sonné. On ne ressort pas d’un tel film indemne, même si c’est qu’une fiction. Mais il faudra de longue minute pour ressortir d’une œuvre qui vous pénètre si profondément sous la peau et revenir à la réalité.

mommyMommy se distingue aussi par sa forme, avec ce cadrage resserré qui rend l’image carré pendant 95% du temps (je vous laisse découvrir ce qui se passe les 5% restants). Très honnêtement au final, ça n’apporte pas grand chose. Certes, on en comprend le sens quand on voit le film, mais cela reste quand même assez anecdotique. De toute façon, on est tellement pris par l’histoire que l’on ne remarque guère cet artifice qui part néanmoins d’une intention artistique originale. Mais le génie de Xavier Dolan est ailleurs.

Mommy restera dans les mémoires pour les trois performances d’acteurs. La langue française compte moult superlatifs mais aucun ne peut vraiment rendre compte de ce que nous offrent Anne Dorval, Suzanne Clément et surtout Antoine Olivier Pilon. Il s’agit bien d’un offrande à tous ceux qui aiment les grands comédiens et les interprétations à couper le souffle. Un cadeau magnifique pour tous ceux qui aiment le cinéma tout simplement. Il est évident qu’ils ne ressemblent pas à ça dans la vie (et heureusement pour eux!) et se métamorphoser en ces personnages hors du commun demande un travail et un talent fabuleux, surtout pour un résultat aussi convaincant.

Bref, un grand film, un vrai.

LA NOTE : 16,5/20

Fiche technique :
Production : Les films Séville, Metafilms, Sons of manual
Réalisation : Xavier Dolan
Scénario : Xavier Dolan
Montage : Xavier Dolan
Photo : André Turpin
Décors : 35mm, DCP
Distribution : Diaphana, MK2
Musique : Noia
Durée : 134 mn

Casting :
Anne Dorval : Diane ‘DIE’ Després
Suzanne Clément : Kyla
Antoine Olivier Pilon : Steve O’Connor Després
Patrick Huard : Paul
Alexandre Goyette : Patrick
Michèle Lituac : la directrice du centre

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