GONE GIRL : Tabanak, quel scénario !

gonegirlafficheAprès Mommy, cet automne cinématographique nous offre un deuxième grand moment avec Gone Girl, dernier film de David Fincher. Il n’y pas grand chose de comparable entre ces deux films, si ce n’est le génie de leur réalisateur, la force de leur scénario et le talent de leurs interprètes. Une belle preuve de la diversité du 7ème art pour le plus grand bonheur des cinéphiles. Et un bon moyen d’oublier le ciel gris qui s’installe.

Gone Girl, c’est d’abord un scénario. Et pas n’importe quel scénario ! Un des meilleurs jamais écrits ! Certains trouveront que je m’emballe un peu, après je ne sais pas très bien ce qu’il faut entendre par là. Dans le top 10, 100, 1000 ? Mais en tout cas un putain de scénario ! Et j’en profite pour féliciter chaudement l’auteur de la bande-annonce qui vous fait envie sans ne rien dévoiler du tout de la vraie nature de cette histoire qui compte un des rebondissements les phénoménaux jamais proposés. C’est surtout la manière dont cela est amené qui rend ce film réellement phénoménal. Un 180° qu’on ne voit pas venir et qui vous prend au dépourvu tant il intervient sans même que l’on s’en rende compte. C’est terriblement tentant d’en dire plus pour en parler, mais ça serait un crime vis-à-vis de tous ceux qui lisent ces lignes et qui n’ont pas encore vu ce petit bijou d’écriture.

Bgonegirlen Affleck a longtemps été considéré avec un certain mépris. Il faut dire que son début de carrière compte quelques navets, ceux qui ont vu Dardevil s’en désole encore. Pour beaucoup il devait sa gloire médiatique à ses aventures amoureuses, dont son mariage avec Jennifer Lopez. Mais depuis, il a quand même gagné un Oscar en passant derrière la caméra, ce qui force quand même un minimum le respect. Avec Gone Girl, il prouve que diriger par un aussi grand réalisateur que David Fincher, il peut être aussi un formidable comédien. Un mot sur Rosamund Pike qui livre également une prestation remarquable.

Il manque cependant un petit quelque chose à Gone Girl pour devenir un pur chef d’œuvre. Ce petit quelque chose est l’émotion. Ce scénario constitue une mécanique si parfaite qu’il oublie peut-être de faire naître chez le spectateur un sentiment plus personnel que la pure admiration, aussi forte soit-elle. David Fincher joue avec le public, notamment en imposant un rythme assez lent à cette histoire qui nous fascine et qu’on voudrait voir s’accélérer, comme pour nous garder sous son contrôle, avec une petite dose de sadisme. Mais du coup, on oublie de vraiment créer un lien fort avec ses personnages qui n’apparaissent que comme des rouages parmi d’autres de cette merveilleuse mécanique. Je chipote peut-être un peu, mais le génie n’est pas toujours synonyme de perfection.

LA NOTE : 15,5

Fiche technique :
Production : Pacific Standard, New Regency Pictures
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : David Fincher
Scénario : Gillian Flynn, d’après son roman Les apparences
Montage : Kirk Baxter
Photo : Jeff Cronenweth
Décors : Donald Graham Burt
Musique : Trent Reznor, Atticus Ross
Directeur artistique : Sue Chan
Durée : 145 mn

Casting :
Ben Affleck : Nick Dunne
Rosamund Pike : Amy Dunne
Tyler Perry : Tanner Bolt
Missi Pyle : Ellen Abbott
Neil Patrick Harris : Desi Collings
Kim Dickens : Detective Rhonda Boney
Patrick Fugit : Officier Jim Gilpin

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