LE CAPITAL AU XXIEME SIECLE (Thomas Piketty) : A mettre entre toutes les mains

lecapitalauxxiemesiecleD’habitude je réserve mes critiques littéraires aux œuvres de fiction. Mais je ne pouvais pas ne pas vous parler de ce best-seller mondial qu’est le Capital au XXIème siècle de Thomas Piketty, un des succès les plus étonnant de l’histoire de l’édition. J’ai déjà lu des bouquins d’économie passionnants qui semblaient plus abordables que ce livre de 1000 pages, plein de courbes et de graphiques, et parfois très techniques. Mais le succès ne s’explique pas…

… mais il peut néanmoins se comprendre. En effet, le Capital au XXIème siècle est unique en son genre et incroyablement intéressant de la première à la dernière page. Son côté exhaustif n’est jamais rébarbatif. Au contraire, il force l’admiration et rend le propos particulièrement convaincant. Les courbes ne sont pas là pour illustrer des équations théoriques, mais bien pour se confronter avec la réalité des données objectives. Ce travail de confrontation n’est que trop peu souvent mené (voire jamais, comme l’explique parfaitement le premier chapitre), ce qui a des conséquences catastrophiques sur la pensée économique, de plus en plus déconnectée du réel.

L’avantage de le Capital au XXIème est qu’on peut le lire sans forcément lire tous les chapitres en entier. Thomas Piketty prévient souvent le lecteur qu’il peut passer directement au chapitre suivant s’il craint les propos trop techniques. Ceux qui me connaissent se doutent bien que j’ai tout lu de A à Z, mais il est évident que cette facilité de lecture a contribué au succès de ce livre. Mais de toute façon, le propos reste toujours très clair et accessible. Il s’appuie sur des faits, très peu sur des éléments mathématiques abstraits. Très peu de verbiage ou de termes incompréhensibles, mais une force de conviction et un réel brio dans les démonstrations renouvelés à chaque page.

Le Capital au XXIème siècle, c’est 900 pages de constats pour comprendre le monde actuel, son fonctionnement et les évolutions qu’il connaît. Il met en avant de manière éclatante un certain nombre de problèmes que l’on pressent mais qui se trouvent ici démontrés et quantifiés. A l’inverse, il détruit un certain nombre d’idées reçus qu’une certaine idéologie s’attache à faire vivre. En cela, cet ouvrage fait partie des livres indispensables qui rendent moins cons. Certes, la dernière partie consacrée aux solutions à mettre en œuvre est un peu moins convaincante. Thomas Piketty explique d’ailleurs bien qu’il propose là une utopie chargée de faire progresser la pensée, mais qui ne constitue pas un programme politique qui puisse être mis en œuvre rapidement. Cela montre bien à quel point les problèmes sont compliqués, que le « faukon, yaka » est toujours plus facile que de mettre réellement des politiques en œuvre, y compris quand on a parfaitement identifié et démontré quels sont les problèmes et comment ils évoluent.

Du coup, on peut facilement imaginer à quel point c’est difficile quand on n’a pas cette connaissance. Bref, quand on n’a pas lu le Capital au XXIème Siècle de Thomas Piketty.

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