LE LABYRINTHE DU SILENCE : Affronter le passé

lelabyrinthedusilenceafficheSavoir affronter sa propre histoire sur grand écran n’est pas donné à tous les pays. Les Etats-Unis le font depuis longtemps avec un brio qui a succédé au récit hypocrite d’une conquête de l’Ouest idéalisée. La France s’est engagée timidement sur ce chemin, avec des films comme Indigènes, la Rafle ou l’Ennemi Intime. L’Allemagne aussi a pris le même chemin qu’on imagine évidemment douloureux quand on connaît le rapport difficile de cette nation avec son passé. Cette psychothérapie collective avait pour l’instant surtout porté sur la réunification à travers de films à succès comme Goodbye Lenin ou la Vie des Autres. Elle s’attaque cette fois à un sujet beaucoup plus lourd avec le Labyrinthe du Silence, qui nous raconte comment un jeune juge à forcer tout un pays à regarder en face les crimes commis par certains de ces concitoyens.

Le Labyrinthe du Silence aurait pu se heurter aux mêmes limites et aux mêmes critiques que celles qu’a pu connaître un film comme la Rafle en son temps. En effet, l’histoire est romancée, personnalisée, dramatisée au tour de destins individuels quand la problématique concerne tout un peuple. Certes, on a envie d’être exigeant concernant le fond d’un film comme celui-là. Cependant, il ne faut jamais perdre de vue qu’il ne s’agit que d’une fiction, pas d’un documentaire. Pour le passionné d’histoire que je suis, il a soulevé au moins autant de questions qu’il n’a apporté de réponses. Mais n’est-ce pas là la preuve que le film fonctionne ?

lelabyrinthedusilenceD’un point de vue purement cinématographique, le Labyrinthe du Silence est simplement un bon film. Les éléments du récit se dévoilent progressivement avec un vrai sens de la narration qui maintient une tension constante. La réalisation est sobre, mais totalement au service de l’histoire. L’interprétation est impeccable, avec un très beau duo formé par Alexander Fehling et Friedierike Becht. Bref, on s’intéresse à l’histoire et donc au sujet qu’il traite. En ayant pleinement conscience de ses limites en tant que fiction, le film pousse à creuser le sujet, à en savoir plus, à avoir un point de vue d’historien qu’une production cinématographique ne peut de toute façon pas apporter. Il est sans doute dommage qu’une partie du public s’arrête à cette vision fictionnelle. Mais il serait injuste de condamner le film pour cela et surtout d’oublier que ce qu’il apporte vaut déjà inifiment mieux qu’une désespérante ignorance.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Réalisation : Giulio Ricciarelli
Scénario : Elisabeth Bartel et Giulio Ricciarelli
Costumes : Aenne Plaumann
Photographie : Roman Osin
Son : Günther Gries
Montage : Andrea Mertens
Musique : Sebastian Pille
Production : Jakob Claussen et Ulrike Putz
Distribution : Universal Pictures (Allemagne)
Genre : Drame historique
Durée : 120 minutes

Casting :
Alexander Fehling : Johann Radmann
André Szymanski : Thomas Gnielka
Friederike Becht : Marlene
Johannes Krisch : Simon Kirsch
Johann von Bülow : Otto Haller
Gert Voss : Fritz Bauer

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