EXEMPLAIRE SECURITE ?

champignonatomiqueIl y a 70 ans à Hiroshima et Nagasaki, l’humanité est entrée dans une nouvelle erre. Celle où notre espèce est en mesure de détruire totalement le monde dans lequel il vit. A l’époque, beaucoup craignait que la guerre froide nous conduise inexorablement vers cette apocalypse. Il n’en a rien été et si d’autres menaces sont nées depuis, la perspective d’une telle annihilation semble s’être éloignée. Comme si le fameux principe de l’équilibre de la terreur fonctionnait réellement. Du coup, est-on plus en sécurité dans un monde où l’arme atomique est largement partagée ?

Cette question se pose d’autant plus dans notre pays. La France fait partie du club fermé des puissances nucléaires. Doit-on s’en réjouir ? Personnellement, je n’ai jamais été vraiment rassuré de voir des militaires armés de mitraillettes arpenter les gares parisiennes. J’ai beau me dire qu’ils sont là pour me protéger, je ne peux m’empêcher de penser que s’ils devaient un jour avoir à se servir de leur arme, je ne donnerai pas cher de ma peau si je suis dans les parages. Evidemment, la raison nous rappelle que l’intérêt est avant tout dissuasif, mais les croiser est plus stressant que rassurant.

Pour l’arme atomique, c’est exactement la même chose. Dans un monde où de nombreux pays en sont pourvus, un raisonnement purement intellectuel me conduit à préférer être du côté de ceux qui la possèdent. Mais franchement, si notre pays en était dépourvu, que cela changerait-il ? Quel est l’ennemi que nous décourageons par notre arsenal nucléaire ? J’ai bien du mal à apporter des réponses à ces questions qui me conduisent à conclure à une utilité réellement fondée. Alors si on osait y renoncer ?

Ce qui serait réellement rassurant, ce serait un monde totalement débarrassé des armes nucléaires. Ceci est évidemment un vœux pieux, bien difficile à mettre en œuvre. Il suffit d’un seul participant refusant de jouer le jeu pour que tous les autres n’aient aucun intérêt à respecter leur parole, à moins d’offrir un pouvoir démesuré à une nation indigne de confiance. Mais la défiance généralisée reste le meilleur moyen de ne jamais arriver à rien, fournissant à chacun une excuse un peu facile. Si personne ne fait le premier pas, personne n’avancera jamais.

Alors évidemment, le souhait de voir la France abandonner l’arme nucléaire peut être considéré comme un souhait naïf et irresponsable. Pourtant, il est quasi certain que rien ne changerait au destin de notre nation. Ca ne coûterait donc pas grand chose de donner l’exemple. Et mériter à nouveau quelque peu le titre très surfait de patrie des droits de l’homme ne serait-il pas une belle façon justement de renouer avec notre destin ?

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