SUBURRA : Voyage à Rome

suburraafficheComme je disais récemment à propos de Strictly Criminal, on se dit qu’un film de gangsters permet toujours de passer un bon moment, même si le genre est passablement éculé. Surtout quand il est signé Stefano Sollima, qui nous a offert le magnifique Gomorra. Malheureusement la comparaison avec le film de Scott Cooper ne s’arrête pas là. Car si le constat de départ est le même, celui d’arrivée aussi.

Suburra délaisse le sud napolitain pour nous plonger au cœur des relations incestueuses entre la mafia et le pouvoir politique romain. Pour un Italien, j’imagine que ce film dit beaucoup sur son propre pays. Pour un regard extérieur, cela ressemble plus à une série d’archétypes. Des archétypes dont le portrait est bien dressé mais archétypes quand même. Et surtout, il ne s’agit que d’archétypes négatifs. Du coup impossible de trouver au moins un personnage attachant. On assiste alors au déluge de violence sans ressentir d’émotion, indifférent au sors des protagonistes.

suburraD’un point de vue formel, on retrouve bien le style de Stefano Sollima. Un style très réaliste qui crée une ambiance assez sombre et particulière. Mais après Gomorra, le film et la série, on ne s’enthousiasme plus pour si peu. Les acteurs sont bien dans leur rôle. L’histoire est rythmée, c’est propre, c’est net. Mais au fond, à part « tous pourris, le film n’a pas grand chose à dire et la violence omniprésente semble un peu gratuite parfois. Elle correspond très certainement à une réalité mais le réalisateur apparaît quelque peu prisonnier de ses propres archétypes.

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Production : La chauve souris, Canal +, Indie Sales
Distribution : Haut et Court
Réalisation : Stefano Sollima
Scénario : Stefano Rulli, Sandro Petraglia, d’après le roman de Giancarlo de Cataldo et Carlo Bonini
Montage : Patrizio Marone
Photo : Paolo Carnera
Décors : Paki Meduri
Costumes : Veronica Fragola
Durée : 135 min

Casting :
Pierfrancesco Favino : Filippo Malgradi, député
Elio Germano : Sebastiano
Claudio Amendola : Le samuraï
Alessandro Borghi : Numéro 8
Greta Scarano : Viola
Adamo Dionisi : Manfredi Anacletti
Giacomo Ferrara : Spadino Anacleti
Jean-Hugues Anglade : le carndinal Berchet

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.