
Il serait très facile d’écrire cet avis uniquement à charge contre Ce Qui Ne Me Tue Pas. En effet, il est indéniable qu’une partie du génie a disparu avec le créateur de la saga. Ce petit je ne sais quoi qui rendait les trois premiers volets si incroyablement passionnant n’est plus là. On sent bien que David Lagercrantz cherche à être fidèle en tout point à Stieg Larsson, mais au fur et à mesure des pages, les efforts se relâchent et certaines phrases, certains sentiments prêtés aux personnages et au final leur évolution globale sonnent quelque peu comme une légère trahison. On y retrouve toute la richesse de l’œuvre initiale, notamment la présence de références scientifiques, mais tous ces ingrédients ne se mélangent plus dans un tout aussi délicieux qu’auparavant.
Une fois tout cela dit, ne boudons pas non plus notre plaisir. Cela fait réellement plaisir de retrouver Lisbeth Salander et Mikael Blomkvist. Et ce plaisir l’emporte sur tous les petits défauts du livre. Certes, David Lagercrantz ne nous livre pas le chef d’œuvre du siècle, mais un polar tout de même très solide et qui se lit avec un très grand plaisir. Le style d’écriture reste aussi fluide que celui de Stieg Larsson. Certes, j’ai trouvé que le dénouement n’était pas tout à fait convaincant, ce qui peut poser problème vu que cela ouvre clairement vers d’autres volets de la saga, mais rien qui puisse justifier de renoncer à cette lecture. Ce Qui Ne Me Tue Pas aura donc peut-être contrarié les fans les plus conservateurs de Millenium, mais satisfait les simples amateurs.