
La Joie de Vivre est en fait un roman sur « l’affrontement » entre le pessimisme et l’optimisme. Cela conditionne beaucoup de choses, la capacité à être heureux et à rendre heureux les autres notamment. L’histoire tourne autour de deux personnages incarnant chacun une de ces deux « philosophies ». Une histoire qui courre sur beaucoup d’années, presque toute la vie des personnages, ce qui constitue une autre originalité de ce roman par rapport au reste de la saga. On est donc plutôt surpris si on est comme moi un lecteur exhaustif des Rougon Macquart.
La Joie de Vivre n’est pas le plus intéressant roman de la saga, mais pas le moins agréable à lire. En effet, Emile Zola s’éloigne quelque peu de son projet naturaliste et limite donc les descriptions pour se concentrer sur ses personnages. Certains ne regretteront pas ce virage, même si du coup, cela donne peut-être à ce roman un côté plus « ordinaire ». Mais comme la réflexion est pertinente et portée par une plume toujours aussi incroyable, peu importe sa place dans le grand tableau des Rougon Macquart, cela reste une grande œuvre littéraire.