THE BIRTH OF A NATION : Le poids de l’histoire

thebirthofanationafficheL’histoire est jalonnée de figures controversées, pouvant aussi bien être considérées comme des figures héroïques que comme de totales abominations. La mort de Fidel Castro nous a rappelé qu’une même destinée peut paraître bien différente selon les yeux qui la contemplent. The Birth of a Nation nous relate la destinée de Nate Turner, à l’origine en 1831 d’une révolte d’esclaves noirs du Sud des Etats-Unis. Une figure qui aurait pu être uniquement positive, si tout ceci n’avait pas provoqué un immense bain de sang n’ayant épargné ni femmes, ni enfants.

Nate Parker s’est considérablement investi dans ce projet. Acteur principal, réalisateur, scénariste, l’histoire adopte évidemment son propre point de vue. Chacun est libre d’avoir le sien, mais celui qu’il nous livre est sans nuance. Faire de Nate Turner le symbole de la violence sans limite qu’a constituée l’esclavage est évidemment légitime. En faire une victime ne peut engendrer aucun reproche. Mais glorifier tout ce qu’il a fait, comme le fait clairement The Birth of a Nation jette quand même un trouble, crée un malaise, qui nuit au final au message très fort qu’il cherchait à transmettre. A faire de son film, un acte militant, Nate Parker oublie que la nuance sert aussi à la pertinence et l’impact d’un propos.

thebirthofanationThe Birth of a Nation est parfaitement maîtrisé d’un point de vue purement cinématographique. Une réalisation très hollywoodienne, au bon sens du terme. C’est soigné, efficace, rythmé. Les moyens sont mis pour que costumes et décors nous plongent vraiment dans l’histoire et les acteurs sont impeccables. Mais c’est du coup très lisse pour un propose aussi controversé. Cela renforce encore le malaise face à un film qui part peut-être d’un bon sentiment, mais qui pêche par une maladresse malvenue. Cependant, il reflète bien le poids de la violence raciale sur laquelle est bâtie une partie de l’Amérique. Un poids qui pèse encore, l’actualité continue de le démontrer trop souvent. Un poids qui a pesé sur les épaules de Nate Parker qui n’a pas su tout à fait y faire face.

LA NOTE : 9/20

Fiche technique :
Production : Bron Studios, Mandalay Pictures, Phantom Four et Tiny Giant Entertainment
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Nate Parker
Scénario : Nate Parker, Jean McGianni Celestin
Montage : Steven Rosenblum
Photo : Elliot Davis
Décors : Geoffrey Kirkland
Durée : 120 min

Casting :
Nate Parker : Nat Turner
Esther Scott : Bridget Turner
Aja Naomi King : Cherry
Aunjanue Ellis : Nancy Turner
Mark Boone Junior : le révérend Walthall
Armie Hammer : Samuel Turner

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