ALICE ET LE MAIRE : Naissance des idées

aliceetlemaireafficheQuand un film aborde un sujet que l’on connaît particulièrement bien, on le regarde forcément un œil quelque peu différent. Pas forcément plus critique ou au contraire plus indulgent que pour un béotien, mais qui donne un jugement basé sur des critères quelque peu différents. On jugera évidemment avant tout de la crédibilité du propos, mais aussi la capacité de ce dernier à aller au-delà des évidences et des clichés. En tant que militant et ancien élu socialiste, c’est avec ce regard particulier que j’ai pu voir Alice et le Maire. Le film nous plonge dans les coulisses de la construction des idées et des programmes politiques. Un film qui a surtout le bon goût de ne pas nous livrer un discours manichéen et facile sur ce monde objet de bien des fantasmes. Car celui-ci, comme d’autres, s’avère bien plus complexe que ce que l’on imagine.

Alice et le Maire n’est pas le récit de la conquête du pouvoir. C’est en ça qu’il se démarque de beaucoup de films consacrés à la politique. C’est un film sur la manière dont les programmes s’élaborent. Le principal objet du scénario, ce sont les idées. Pourtant, le film n’a rien de contemplatif. Nicolas Pariser nous livre un vrai récit, sous-tendu par une tension narrative réelle. Les relations entre les personnages sont subtiles. Quand elles semblent cousues de fil blanc, elles finissent par prendre une direction différente de ce que l’on aurait pu imaginer à première vue. Les fils des intrigues se confondent donc avec eux qui relient les protagonistes et on se laisse prendre avec plaisir dans ce filet. Ce filet compte évidemment un fil plus important que les autres, celui qui relie les deux personnages ayant donné son titre au film.

aliceetlemaireAlice et le Maire bénéficie d’un privilège rare. En effet, on y trouve un Fabrice Luchini ayant le bon goût de ne pas en faire trop. Il parvient parfaitement à rentrer dans son costume de vieux sage de la politique. C’est bien l’apanage des grands acteurs d’incarner des personnages très éloignés de ce qu’ils sont. Anaïs Demoustier ne tient pas là le rôle le plus marquant de sa carrière, mais elle nous livre néanmoins une prestation d’une qualité inaccessible pour le commun des talents. Ils contribuent pleinement à la réussite de ce film qui nous propose une des réflexions les plus pertinentes sur la politique que j’ai pu voir au cinéma. Une réflexion qui mériterait d’être partagée ailleurs quand dans les salles obscures.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Bizibi, Arte France Cinéma, Bac Films
Réalisation : Nicolas Pariser
Scénario : Nicolas Pariser
Montage : Christel Dewynter
Photo : Sébastien Buchmann
Décors : Wouter Zoon
Distribution : BAC Films
Son : Daniel Sobrino
Durée : 103 min

Casting :
Fabrice Luchini : Paul Théraneau
Anaïs Demoustier : Alice Heimann
Pascal Reneric : Xavier
Léonie Simaga : Isabelle Leinsdorf
Mayd Wyler : Delphine
Antoine Reinartz : Daniel
Nora Hamzawi : Mélinda
Alexandre Steiger : Gauthier

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