L’INFIRMIERE : Doute à l’arrivée

linfirmiereafficheRaconter une histoire, c’est aller d’un point A vers un point B. Pour certaines, depuis le premier, on aperçoit clairement le deuxième et le chemin qui y mène. Pour d’autres, la route est plus sinueuse et tout le plaisir procuré par le film vient du fait qu’il nous fait avancer à l’aveugle. Peu à peu, la route se dessine pour nous conduire à un dénouement que l’on imaginait pas forcément au premier abord. L’Infirmière fait clairement partie de cette dernière catégorie avec un scénario qui va dévoiler progressivement tous ces contours pour entraîner avec lui le spectateur et aspirer irrésistiblement le personnage principal. Cependant, si ce genre d’expérience s’avère le plus souvent particulièrement agréable, on est vraiment heureux quand le point d’arrivée nous satisfait aussi pleinement. Ici, ce n’est malheureusement pas tout à fait le cas.

L’Infirmière brille à la fois par la qualité de sa narration, mais aussi par l’ambiance particulière dans laquelle nous plonge Kôji Fukada. Il parvient à nous faire sentir très rapidement que quelque chose va venir troubler une situation de départ presque banale. On se doute bien, quand un premier événement survient, que ce dernier va avoir une série de répercussions qui vont nous emmener loin du point de départ. Cette atmosphère quelque peu troublante vient titiller fortement la curiosité du spectateur. On nous cache quelque chose et on veut savoir quoi ! Si la réponse est la hauteur, les dernières minutes du film peine à apporter une réelle conclusion au propos. On peut s’interroger sur le sens profond de l’ultime scène par exemple. Si on positive, on peut considérer que le réalisateur a voulu entretenir jusqu’au bout l’impression de mystère, ou bien considérer plutôt qu’il ne savait pas vraiment comment apporter un vrai point final à son histoire. Ceci ne vient pas gâcher l’ensemble, mais peut renfrogner quelque peu le spectateur.

linfirmiereL’Infirmière est littéralement illuminé par la performance de Mariko Tsutsui. Le film repose largement sur ses frêles épaules. Elle incarne à la perfection son personnage pourtant complexe, car porteur de sentiments très forts et contrastés. Elle rend parfaitement crédible son personnage et tous les sentiments qui viendront peu à peu la torturer. Son jeu est parfaitement mis en valeur par la réalisation très élégante de Kôji Fukada, qui fait vraiment de ce film une œuvre artistiquement aboutie. Elle aurait pu être plus enthousiasmante avec une fin mieux maîtrisée, mais elle restera un des bons films de cet été cinématographique, où les salles auront été bien trop désertées par les spectateurs.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Réalisation et scénario : Kōji Fukada
Photographie : Ken’ichi Negishi
Montage : Kōji Fukada et Julia Gregory
Musique : Hiroyuki Onogawa
Production : Daisuke Futagi, Kazumasa Yonemitsu et Masa Sawada
Durée : 111 minutes

Casting :
Mariko Tsutsui : Ichiko
Mikako Ichikawa : Motoko Oishi
Sōsuke Ikematsu : Kazumichi,
Mitsuru Fukikoshi : le docteur Totsuka
Hisako Ōkata : Tōko Oishi
Miyu Ogawa : Saki Oishi
Ren Sudo : le neveu d’Ichiko

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